Vaud

12 janvier 2010 19:05; Act: 12.01.2010 19:12 Print

Des députés contre le vote électronique

Les adversaires du vote électronique montent au front. Des députés vaudois, allant d'A Gauche toute! jusqu'à l'UDC, le jugent même dangereux pour la démocratie. Ils ont déposé mardi une motion demandant au canton de l'interdire.

Une faute?

Même si Internet est entré dans la vie quotidienne de tout un chacun, cette tendance ne doit pas «franchir la porte des bureaux de vote», a affirmé le socialiste Jean Christophe Schwaab. Il y a péril pour la démocratie, selon lui, tout en reconnaissant qu'il se sert sans cesse de ce moyen pour diverses tâches, y compris financières.

Ce groupe «interpartis», où l'on retrouve notamment Fabienne Despot (UDC), Frédéric Borloz (PRD), Isabelle Chevalley (Alliance du Centre) et Bernard Borel (A gauche toute!), a détaillé une longue série d'arguments contre le vote électronique. Déficit démocratique, banalisation de l'acte civique, risque de fraude important: il n'a que des défauts.

Risque élevé de fraude

Présent à la conférence de presse, le conseiller aux Etats vaudois vert Luc Recordon a souligné que lui aussi allait déposer en mars à Berne un texte sur cette thématique. La menace de voir des votes truqués par l'électronique «n'est pas du tout une illusion». «Je ne suis pas le seul à m'inquiéter», malgré le fort «lobby» des Suisses de l'étranger en faveur d'une procédure électronique, a assuré le sénateur.

Pour Jacques-André Haury, la démocratie doit se transmettre de manière vivante et mérite un effort. Voter par un clic de souris mène à l'abrutissement, selon lui. Il faut maintenir «une différence claire» entre un sondage sur Internet et un acte aussi fondamental que de voter ou d'élire.

Réservé à une minorité

Pour Frédéric Borloz, chef du groupe radical au Grand Conseil, il ne faut pas banaliser l'acte civique, surtout que le processus du vote électronique n'est pas compréhensible par tout le monde. «Une bonne partie de la population n'est pas familière» de ces instruments, a-t-il déclaré.

Malgré l'exemple genevois, qui marche «assez bien», les députés considèrent qu'il faut «arrêter les frais» et stopper cette mode qui préconise de passer le plus vite possible au vote électronique. Leur motion demande au Conseil d'Etat de ne pas gaspiller l'argent des contribuables pour des projets «qui remettent en cause certains principes importants de notre démocratie».

(ats)