Vaud

06 juillet 2014 23:00; Act: 07.07.2014 12:21 Print

Des juges, des policiers, un accusé... mais pas d’avocat

par Christian Humbert - Première au Tribunal cantonal: un défenseur a oublié de se rendre à un procès. Si l’audience a été reportée, reste à savoir qui va payer les frais.

Une faute?

Condamné à 12 ans de réclusion pour le meurtre d’une colocataire à Froideville, en 2012, le criminel attendra. Son avocat a fait appel du jugement. Le Tribunal cantonal s’est donc réuni jeudi. Il y avait bien les trois juges et leur greffière, le condamné, menotté et encadré par deux policiers, une procureure et la presse. Mais aucun avocat. Le défenseur a en effet zappé la séance. Une telle légèreté est une première au Tribunal cantonal.

Etabli à Yverdon, l’homme de loi s’est expliqué: «C’est une regrettable erreur d’agenda. J’étais à Lausanne pour une autre affaire, renvoyée elle aussi. Je rentrais à mon étude, quand j’ai été averti que le Tribunal cantonal m’attendait pour se prononcer sur mon appel. Je ne pouvais pas aller chercher le dossier à mon étude et revenir à Lausanne. J’ai employé une secrétaire intérimaire. Elle a commis cette erreur. Ce n’était pas la seule. J’ai dû la renvoyer.»

Une boulette que quelqu’un devra payer. «Ce sera au tribunal de décider», répond l’avocat. Celui-ci est cependant commis d’office, c’est-à-dire que toute la procédure, le premier procès et son appel sont à la charge des contribuables. A raison de 400 fr. la séance de moins d’une heure. Quant à la présence des gendarmes: «C’est de l’épicerie. Le détenu ne vient pas seul de Bochuz à Lausanne. C’est dans le budget», explique un porte-parole de la police.

Le meurtrier a donc été renvoyé en prison. Et une nouvelle audience sera fixée cet automne.