Lausanne

06 décembre 2011 18:54; Act: 06.12.2011 23:58 Print

Deux médecins jugés à la suite d'un décès

par Frédéric Nejad - Un chirurgien et un anesthésiste de garde sont accusés de n’avoir pas diagnostiqué une complication post-opératoire qui a causé la mort de leur patient en février 2006.

Une faute?

Deux médecins vaudois expérimentés font face depuis mardi matin au Tribunal correctionnel à la famille d’une victime opérée d’une tumeur au colon le 16 février 2006. Deux jours après l'acte médical, ce patient qui n’avait pas cessé de se plaindre de douleurs à l’abdomen est mort à la clinique La Source.

Si aucune malfaçon n’a été constatée dans l’opération du chirurgien, les deux hommes sont jugés pour homicide par négligence. Le décès a été causé par une infection généralisée due à une péritonite. Or, les médecins ne l’ont pas diagnostiqué et ont cru que les douleurs étaient dues à la reprise du transit intestinal. Ils se sont contentés de lui prescrire divers analgésiques et calmants ainsi que de la morphine.

Le rapport médical des experts est sévère

Le soir où l’état du patient s’aggravait et inquiétait l’infirmière qui les a appelés, ils n’ont pas jugé utile de se rendre au chevet de la victime pour un examen, ce que critiquent des experts médicaux cités à la barre et qui ont rendu leurs rapports sévères à ce sujet: «Si un un diagnostic correct avait été établi correctement dès le 18 février en fin de matinée, les chances de survie du patient aurait atteint environ 60%.»

L'avocat du chirurgien les interroge: «Les trois médecins (ndlr: le chirurgien, l'anesthésiste de l'opération, et l'anesthésiste de garde le week-end à la clinique La Source) se sont-ils tous trompés?» La réponse d'un des experts est cinglante: «Je peine à comprendre en effet pourquoi l'examen clinique du samedi 18 février ne les a pas alertés. Ils ont probablement mal jugé la situation. Or, l'analyse sanguine ce matin-là indiquait déjà la présence d'une septicémie sévère. Et les douleurs persistantes et inexpliquées malgré la prise de médicaments aurait dû servir d'alarme inquiétante.» Et un autre expert d'expliquer qu'il aurait fallu ramener le patient au bloc opératoire, et lui faire un scanner.