Agriculture

23 octobre 2019 08:13; Act: 23.10.2019 08:13 Print

Du riz vaudois est sorti de terre pour la première fois

par Pauline Rumpf - Après le Tessin, qui en cultive depuis longtemps, le riz est à l'essai dès cette année dans le reste de la Suisse. Reportage lors de la première récolte vaudoise.

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Une poignée de minutes, c'est ce qu'il a fallu à Alain Salzmann pour moissonner sa toute première récolte de riz jeudi dernier, avant les grosses pluies du week-end. La parcelle était petite, le butin aussi, mais c'est normal: c'est un essai. Vu la météo peu généreuse de ce printemps et du début de l'automne, le tout premier riz de Suisse romande a eu de la peine à arriver à maturité et une partie ne sera pas récoltée. Mais l'agriculteur est tout de même ravi.

«Si on y arrive dans un climat pareil, c'est bon signe pour les belles années, sourit-il. Et on va adapter nos méthodes, étudier quelles variétés conviennent le mieux... On fait nos expériences!» Ces tests, lancés en 2017 en Suisse alémanique, sont réalisés sur l'impulsion de l'institut de recherche fédéral Agroscope et la Haute Ecole des sciences agronomiques de Berne, et avec le soutien financier de plusieurs cantons, dont Vaud et Berne. Ils s'étendent cette année à Bavois, à la plaine de l'Orbe et au bord du lac de Neuchâtel.

Objectif: fournir des marais aux animaux en danger

Au contraire du Tessin, qui produit du riz depuis les années 1980 dans un sol asséché, les rizières du nord des Alpes sont inondées. L'objectif est environnemental: favoriser la biodiversité en offrant aux animaux un biotope aujourd'hui réduit presque à néant, celui des eaux stagnantes. «On a vu revenir des grenouilles, des libellules ou encore certains oiseaux en voie de disparition», explique Anja Gramlich, chercheuse chez Agroscope.

En outre, les terres de la plaine de l'Orbe, marécageuses à l'origine, ne demandent qu'à se remplir à nouveau d'eau. «Les drainages créés par l'humain sont vieux, il faudrait les reconstruire, cela coûterait très cher sans garantie d'éviter complètement les inondations... Alors que la riziculture permet de cultiver même dans les zones difficiles à drainer», poursuit la scientifique.

Encore loin d'une production massive

Cette année, toutes les parcelles peuvent se targuer d'une récolte. Toutefois, de nombreuses questions subsistent. Certaines mauvaises herbes «jubilent» dans les terres immergées et représentent un vrai challenge, puisque la création d'un biotope proscrit l'utilisation de produits chimiques pour les combattre.

Le choix des variétés reste à redéfinir selon notre climat; actuellement, c'est du loto et du carnaroli qui ont été choisis, comme au Tessin. Finalement, il faut encore une recherche approfondie sur la biodiversité pour s'assurer du bien-fondé de la démarche. Mais l'expérience est désormais sur les rails et reprendra l'année prochaine, forte des enseignements de cette année.

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Les commentaires les plus populaires

  • Rachel le 23.10.2019 08:47 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    vive l agriculture

    moi je dis bravo à ces personnes autant agriculteurs que chercheurs qui essayent de trouver des solutions environnementales et même si le riz Suisse sera plus cher que l asiatique il faut changer les mentalités et pour nos générations futures consommer mieux et en bonne intelligence.....

  • Riz Savaumieut le 23.10.2019 08:26 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Greta go home

    Bravo, voilà des gens qui s'adaptent à la place de sombrer dans la Greta déprime.

  • gabscab le 23.10.2019 08:34 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Oui et non

    Dans le texte il y a tout: un salaire décent, chose de plus en plus rare

Les derniers commentaires

  • ptit rapporteur le 24.10.2019 18:38 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    chouette

    on va concurrencer les chinois

  • Jean Rigolait le 24.10.2019 01:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le riz et les amis don

    le riz pour que ce soit rentable il faut en planter beaucoup, donc beaucoup de terrain agricole alors la Suisse pas forcément idéale. en plus y a nos voisins italien du nord qui en cultivent déjà depuis longtemps et vu les salaires en Italie ça va être difficile de faire meilleur marché.

  • Luculus le 23.10.2019 21:45 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gourmand

    Ah le ris de veau, succulent !

  • AuClanDestin le 23.10.2019 20:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Donnant Donnant

    Le dérèglement de l'écosystème a pour seul avantage de pouvoir semer et cultiver ce qui était impossible il y a 10,15 ans en arrière

  • Argos no Senshi 1986 le 23.10.2019 18:04 Report dénoncer ce commentaire

    Nouveau produit

    Le riz "Uncle Salzmann", le riz qui ne colle jamais.