Région d'Echallens (VD)

06 mai 2019 22:07; Act: 08.05.2019 14:28 Print

Ecoles: «Les trois quarts des activités ont disparu»

par Xavier Fernandez - Le torchon brûle entre les enseignants et l'association scolaire intercommunale, concernant les activités culturelles et sportives.

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Certaines courses d'écoles vont passer à la trappe. (Photo: Keystone)

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Qu'on le veuille ou non, l'argent sera toujours le nerf de la guerre. Et entre les membres de l'Association des enseignants de la région Bercher-Echallens (AERBE) et l'Association scolaire intercommunale de la région d'Echallens (ASIRE), le sujet est pour le moins sensible.

Les profs dénoncent une coupe drastique dans les montants alloués aux sorties et camps scolaires. «Avant, les parents mettaient 500'000 francs par an, sur un total d'environ 1 million. Avec la publication de l'arrêt du Tribunal fédéral qui exige la gratuité de la scolarité obligatoire, cette manne a toutefois disparu. Pour combler le trou, l'ASIRE a décidé d'augmenter sa part de 100'000... mais, en gros, ça fait toujours 400'000 francs de moins», calcule un membre du comité de l'AERBE. Quant à Jean-Michel Jacquemet, directeur administratif de l'ASIRE, il estime que: «La différence serait plutôt d'environ 350'000 francs.»

Toujours est-il que les établissements scolaires de cette région ont dû renoncer, depuis le début de l'année, à certaines activités culturelles et sportives. «La majorité des camps ont été maintenus. Mais, comme c'est ce qui coûte le plus, cela veut dire qu'environ trois quarts des activités que nous organisions par le passé ont disparu, faute de financement», déplore l'AERBE.

«L'argent ne tombe pas du ciel»

Et Jean-Michel Jacquemet de préciser: «L'argent ne tombe pas du ciel. Notre intention n'est pas de péjorer les élèves, mais il faut tenir compte de la réalité. Les communes ont déjà consenti à de lourds investissements, notamment pour les bâtiments. L'idée est donc de privilégier les activités qui ont du sens, et pas forcément garder pour garder.»

Le comité de l'AERBE estime néanmoins que ce problème économique n'en est pas un. «Chaque année, l'ASIRE surestime ses besoins, par exemple pour le personnel ou les infrastructures. Et, au moment des comptes, elle reverse des centaines de milliers de francs aux communes. Il suffirait donc d'adapter les budgets, en mettant un peu moins ici et là, pour augmenter l'enveloppe destinée aux activités.»

Des écarts importants entre les classes

Pour l'ASIRE, ce n'est toutefois pas aussi simple. «Nous voulons trouver une solution pérenne, qui ne dépend pas d'éventuels reports des constructions. Si nous envisageons effectivement d'augmenter le budget activités, dès 2020, il faudra quand même se livrer à une analyse approfondie. Il est étonnant de constater que certaines classes dépensent 300 francs, là ou d'autres en sont à 1500 francs, pour des jeunes du même âge. De plus, il ne faut pas oublier que les activités mises en place sont celles que les enseignants veulent bien organiser», rappelle Jean-Michel Jacquemet.

Ce dernier attend d'ailleurs avec impatience que le Canton mette sur pied une liste stipulant clairement le nombre et le contenu des sorties pouvant être considérées obligatoires. «Un groupe de travail vient d'être créé avec des représentants de tous les secteurs concernés, y compris des enseignants. Plusieurs buts ont été affichés: donner un sens aux activités, définir un socle minimum et étudier les possibilités d'économies, notamment en termes de transports», explique le directeur.

Après la publication de cet article, l'un des syndics des communes concernées a contacté «20 minutes», pour expliquer que, parmi ces dernières, plusieurs ne partagent pas le point de vue du comité directeur de l'ASIRE et elles souhaitent que les 500'000 francs manquants soit intégralement pris en charge.

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Les commentaires les plus populaires

  • FC le 06.05.2019 22:42 Report dénoncer ce commentaire

    Chercher bien vous trouverez facilement l'argent

    Quand on voit l'état de nos écoles et celui de nos centres de réfugiés. Quand on voit combien d'argent on donne à nos jeunes sociaux. Quand on voit tout l'argent qui part à l'étranger. Et pour nos enfants on n'arrive pas a débloquer CHF 500'000.00 vraiment lamentable il serait bien de fixer des priorités vous ne croyez pas??

  • N/d le 06.05.2019 22:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Gratuit ça coûte

    Encore bravo aux parents qui ont initié cette procédure auprès du Tribunal...

  • Daweed 1984 le 07.05.2019 00:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Jugement déplorable !

    C'est lamentable d avoir créé un problème alors qu'à la base il n'y en avait pas, les parents participaient et point barre. Ceux qui ne pouvaient vraiment pas l Ecole trouvait toujours un arrangement avec les gens en difficultés, au final c est arrêté à été déposé par des parents fortunés car aller jusqu'au TF pour ça !il faut des ronds! Le plus triste c'est qu on leur donne raison ! Qui sont ses juges ? Des gens qui scolarisent leurs enfants dans des écoles privées ? Qui ne vivent sûrement pas dans le même monde que nous !

Les derniers commentaires

  • Trlke le 07.05.2019 19:28 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dommage

    En gros, se sont des après-midis sportifs annulés, sortie dans un camp de concentration lue au cours d'histoire de 11S, des camps, courses, sorties culturelles. Des querelles d'adultes et de sont les enfants qui trinquent! Le Valais a trouvé la solution et notant des sorties comme non obligatoires et du coup les parents peuvent participer. C'est normal, tout à un prix.

  • MamanDeTroisEnfants le 07.05.2019 14:01 Report dénoncer ce commentaire

    Lamentable

    L'école est gratuite en Suisse point barre! Toutes les familles payent largement d'impôts pour que ça le soit! De toute façon c'est toujours les enfants et la formation dans ce pays qui sont pénalisés. Dans un pays soit disant riche, les bâtiments scolaires, dont notamment celui des Trois-Sapins à Echallens, sont dans un état dégradant. Et depuis combien d'années des classes se font dans des containers? A l'Etat de mettre la main à la poche.

    • Kushtrim mal au dos le 07.05.2019 20:56 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @MamanDeTroisEnfants

      Toutes les familles, tu en es sûre?

  • Kik le 07.05.2019 13:39 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ...

    S'il fallait payer 20.- pour une course d'école je les paierais sans problème mais compte tenu de la situation actuelle il y a une sérieuse remise en question à faire, et c'est urgent! Mes enfants de 9 et 7 ans ont toujours eu de petites courses d'écoles qui leur ont plu, toute simples mais bien organisées. Mais quand je vois que certains enfants vont par exemple au zoo en car... arrive un moment donné, je comprends que les communes serrent le porte-monnaie. Ce n'est pas de la jalousie, mais du bon sens (surtout qu'il y a des transports publics qui vont jusqu'au zoo).

  • Beurk le 07.05.2019 12:00 Report dénoncer ce commentaire

    UBS Kids CUP c'est de l'argent

    A savoir, UBS Kids Cup, existe et donne au organisateur 2.- CHF par enfants participant, dans le canton de Vaud il interdisant cette publicité, et regarder Fribourg, Berne , Zurich, et autre cantons, il on compris que cela valais la peine, il organisant ces concours... cela est une entrée d'argent... 1000 élèves = 2000.- CHF bien venue pour quelques classes pour un camps vert... ou autre activité, c'est lamentable que une seul politicienne Vaudoise refuse ce genre de manifestation, je suis dégoûter.

  • ric67 le 07.05.2019 10:47 Report dénoncer ce commentaire

    Un arrêt stupide du TF !!!!

    Ce n'est que la conséquence d'un arrêt stupide du TF - un de plus !!! - qui a confondu "enseignement gratuit" et sorties de loisirs ou d'activités pour lesquelles il était normal que les parents participent ; cela s'est toujours fait mais les mentalités changent avec l'arrivée en masse des "chances pour la Suisse" et des cassoc' de tous poils. Cet arrêt a créé de toutes pièces un problème où il n'y en avait pas et c'est normal que les autorités compétentes réagissent pour combler le manque à gagner.