Vaud

05 décembre 2018 08:45; Act: 05.12.2018 16:25 Print

Enfants retirés de l'école sous escorte policière

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Deux élèves de 6 et 7 ans ont dû brutalement changer de domicile et d'établissement. Leur garde a été confiée au père. La mère réfute les reproches.

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Les enfants ne sont plus scolarisés à Lausanne, où vit leur mère, mais à Yverdon-les-Bains (VD), lieu de résidence de leur père.

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Le vendredi 16 novembre aux alentours de 15h30, une Lausannoise de 28 ans était en route pour aller prendre ses deux enfants à l’école quand son téléphone a sonné. «On m’a appris que mes fils de 6 et 7 ans avait quitté l’établissement sous escorte policière. La Justice de paix m’a retiré leur garde», se désole la jeune maman. Cette décision urgente a été prise sur la base d’un rapport du Service de protection de la jeunesse (SPJ) qui signale des «manquements et négligences» de la mère. Le document décrit «des enfants en souffrance» dans une ambiance polluée par des «disputes conjugales». Les autorités ont confié la garde au papa.

«Des allégations. Rien n'est étayé»

«Il n’y a que des allégations, rien n’est étayé. C’est léger pour retirer de manière aussi brutale des enfants à une maman aimante», s’insurge un juriste proche de la jeune femme. «Mon ex-mari n’a pas supporté que je refasse ma vie avec un autre homme. Il a enfumé le SPJ. Mes enfants ont quitté un quatre pièces à Lausanne pour un studio à Yverdon», dénonce la maman.
«Le bien-être des enfants est tout ce qui m’intéresse. Ils vont mieux», a réagi le papa.

Selon nos renseignements, ni les parents ni les enfants n’étaient au courant du déménagement. En sortant de leur classe, les deux élèves ignoraient que c’était leur dernier jour d’école à Lausanne. Le SPJ n’a pas répondu à nos sollicitations

Une psychologue décrit «un épisode traumatisant»

Contactée par «20 minutes», la psychologue fribourgeoise Caroline Wicht estime que les événements du 16 novembre resteront un souvenir marquant pour les deux enfants car «la police est venue les chercher à l'école alors que rien n'était annoncé mais aussi parce qu'un changement radical s'est produit dans leur vie». Selon elle, une psy aurait dû prendre part à l'opération «pour expliquer ce qui se passe et être disponible».

Pour la Dr Caroline Wicht, la manière dont la séparation a eu lieu est aussi traumatisante. «Cela aurait été plus rassurant pour eux si ils avaient pu dire au revoir à leur maman et à leurs camarades et prendre quelques affaires importantes», a poursuivi la spécialiste.
«Cette période de séparation avec conflits ouverts entre les parents est traumatisante. On ne parle pas là d'un événement traumatique mais de l'accumulation de micro-traumatismes. Après ce changement de garde, j'espère qu'il n'y aura pas d'autres événements déstabilisants pour les enfants», a analysé Caroline Wicht.

«Expliquer et laisser les enfants en parler»

Et maintenant comment atténuer les effets de ce changement brutal? «Il faut leur expliquer ce qui s'est passé, a déclaré la psychologue. Dans l'idéal, cela aurait dû se faire préventivement. Enfin et surtout il faut qu'ils puissent parler librement de cet épisode. Pouvoir mettre des mots sur ce que l'on vit et l'on ressent aide à se remettre d'un événement traumatique. Par rapport à cette période difficile, c'est primordial qu'ils aient un endroit, chez un proche ou un professionnel, où ils peuvent dire librement ce qu'ils ressentent sans que cela puisse être utilisé dans le conflit entre les parents.»

Mais la psy ne veut pas jeter la pierre aux autorités. «Pour que la justice décide que le changement de garde se passe de cette manière, on peut imaginer que la situation familiale est très complexe et pas stable, ce qui doit être éprouvant pour les enfants.»

Les commentaires les plus populaires

  • Alfred Dupont le 05.12.2018 08:55 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Aucune psychologie

    Bravo la SPJ, une vrai bande d'incapables...

  • Aobsil le 05.12.2018 09:14 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Parents

    La guerre entre parents, les perdants sont les enfants. Le equilibre se use complètement.

  • anton le 05.12.2018 09:14 Report dénoncer ce commentaire

    rien ne change

    Allez encore le spj ! on nous avait promis de grands changements dans les méthodes, enfumage.

Les derniers commentaires

  • Elo10 le 11.12.2018 12:18 Report dénoncer ce commentaire

    Situation similaire

    Message à la maman: si vous lisez les messages je vis la même situation même procédure d'arrachement brutalement mes enfants lors de la récréation sans prévenir sur la base dans mon cas d'un rapport négatif d'une pédopsychiatre. La population suisse doit se rendre compte de graves manquements de ce SPJ. On laisse des enfants gravement maltraités à leurs parents (cf. dans la broye, abus sexuels etc.) et d'autres situations sont exagérées et des familles détruites. À plusieurs à se plaindre on peut peut-être faire bouger les choses. A dispo si cette maman veut en parler.

  • andree. la grand-maman le 07.12.2018 23:25 Report dénoncer ce commentaire

    pauvre petite puce.

    Et ce n'est pas la première fois que la SPJ ment.Cela me rappel le destin d'une petite fille qui a été enlevée de par la gendarmerie'.Aujourd'hui on voit le résultat.

  • Melany le 06.12.2018 10:30 Report dénoncer ce commentaire

    Ras-le-bol

    Pauvres gamins... C'est dégoûtant d'agir de la sorte ! Comment des policiers ont-ils pu accepter de faire ça ? Si vraiment il y avait lieu d'enlever ces enfants, pourquoi le faire de cette manière ? Pédagogiquement, c'est un non-sens...

  • marine le 06.12.2018 10:04 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas mieux qu' avant

    Notre conseillère d' état a souhaité reprendre en main le SPJ en coupant des têtes! On voit le résultat, sans savoir qui a tort ou raison, la méthode est inacceptable !

  • Je Desire De Reste Anonym le 06.12.2018 09:19 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Enfants placés

    Une chose pareille est arrivé à l'école de mon petit fils il y a 15 ans, les enfants de la classe était terrorisé et traumatisé, d une telle façon que mon petit-fils pouvait plus dormir pendant un certain temps. La maîtresse était traumatisée ainsi que tout la classe. La maman des enfants était informé par téléphone qu'elle devait pas chercher ses 2 filles, et on les a placé dans un foyer à Orbe. Les grand-parent était prié à emmener les affaires personnelle des petites, pyjamas brosse à dent et des habilles etc etc. Les filles sont restées plus que 2 ans dans l'institutions.