Crise à l'UDC Vaud

27 juillet 2015 11:35; Act: 17.09.2015 14:46 Print

Fabienne Despot garde la confiance de son parti

par Francesco Brienza - La présidente de la section est toujours candidate aux élections fédérales. En 2014, elle avait enregistré à leur insu des collègues de parti.

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Fabienne Despot (ici avec Michaël Buffat) dit avoir «commis l'erreur d'enregistrer une séance informelle».

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La montagne accouche d'une souris. C'est le message qu'a voulu faire passer l'UDC Vaud en convoquant la presse, lundi matin. Samedi, «La Liberté» révélait que la présidente de la section avait enregistré à leur insu certains collègues lors d'une séance en avril 2014, qu'un candidat PBD s'était procuré la bande et qu'il avait tenté de la faire chanter dans le but de modifier les listes électorales du parti agrarien. «Cet enregistrement est une coquille vide, a déclaré lundi Fabienne Despot. Nous avions convoqué un élu pour une discussion. Il ne s'est jamais présenté. Pour moi, la séance n'a donc pas eu lieu.»

Le hic, c'est que la députée avait quand même enclenché un enregistreur, et qu'elle n'en avait pas informé ses collègues présents. La bande, qui ne présentait selon elle aucune espèce d'intérêt, n'a pas été effacée. «J'ai pêché par maladresse et par naïveté, mais je n'ai nullement eu l'intention de nuire à qui que ce soit», ajoute-t-elle.

Pourquoi enregistrer des camardes de parti sans les prévenir? «Le contexte était difficile et très tendu, explique-t-elle. Je voulais garder une trace de mes propos pour éviter des attaques personnelles.» A l'époque, une frange du parti cantonal s'en était pris à son ex-président Claude-Alain Voiblet, accusé de mal gérer la section. Une autre critiquait publiquement les méthodes de Fabienne Despot, qui lui avait succédé. «J'ignorais que ce que je faisais était pénalement répréhensible, reprend Fabienne Despot, qui promet n'avoir jamais mis personne sur écoute. Je présente mes excuses sincères à mes collègues.» A noter qu'aucun d'entre eux n'a encore porté plainte contre la députée.

Réuni jeudi soir, le comité central du parti a décidé de confirmer Fabienne Despot dans ses fonctions de présidente de section. La députée reste en l'état candidate au Conseil national ainsi qu'au Conseil des Etats aux prochaines élections fédérales. «Mais il n'est pas exclu que je me retire si mon entourage et mes colistiers le réclament», précise-t-elle. En outre, le parti a déposé plainte contre le membre du PBD qui a voulu user de la contrainte. Il a également attaqué l'ex-compagnon de la présidente, soupçonné d'avoir fait circuler l'enregistrement.