Vaud

13 juillet 2014 19:29; Act: 14.07.2014 11:31 Print

Famille forcée de loger dans un hôtel de passe

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Une femme et ses enfants âgés de 11 ans et 5 ans vivent dans un lieu inadapté à la vie de famille. Elle lance un cri de détresse et d'impuissance.

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Agnès brandit les passeports à croix blanche de ses enfants. (Photo: APN)

Une faute?

Elle se tait et se mordille les lèvres. Puis, submergée par l’émotion, Agnès craque. «Mon fils n’arrête pas de me demander pourquoi les femmes crient dans les chambres. Alors je mets le son de la télé au maximum et je pleure de honte.» Depuis avril, une Camerounaise et ses deux enfants de 5 et 11 ans vivent dans un hôtel de la Broye fréquenté par des prostituées.


Ils ont été logés dans l’urgence par les services sociaux. L’aînée et son frère dorment chacun dans un petit lit. La maman par terre. «On ne peut faire ni la cuisine ni la vaisselle. Même le micro-ondes est interdit ici. Pour manger, c’est soit le fast food, soit on retourne à Granges-Marnand (VD) chez leur père. Je suis peut-être une citoyenne de seconde zone, mais mes enfants sont Suisses», s’emporte Agnès.

C’est après la rentrée scolaire 2013 que le Service de protection de la jeunesse (SPJ) s’était penché sur le cas des deux petits. Son couperet était tombé aussitôt: soit les parents quittaient leur logement insalubre (lire encadré), soit les enfants étaient placés. Au printemps, la mère au foyer a quitté son mari (de 30 ans son aîné).

«Il faut les placer dans une institution»

«Ceux qui ont mis les gamins dans cet hôtel n’ont rien dans la tête», s’étrangle le septuagénaire suisse, qui dit s’occuper de sa progéniture tous les week-ends. «Il faut un placement en institution. J’ai déjà eu deux filles placées. Elles sont adultes et vont très bien maintenant», ajoute-t-il.
Contacté jeudi, ni le SPJ ni le directeur du centre social régional n’ont répondu à nos questions.