Traversée de la Manche

02 octobre 2008 07:00; Act: 02.10.2008 09:09 Print

Fusion Man: «J’ai approché le vol de l’oiseau»

Yves Rossy, alias «Fusion Man» a été vendredi le premier homme de l’histoire à voler au-dessus de la Manche avec une aile à réaction fixée sur le dos. Il raconte son exploit et ses projets à 20 Minutes Online.

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- Etes-vous toujours sur votre nuage?
- C’est clair que je suis toujours encore un peu en apesanteur. Je suis comme pris dans un tourbillon. Je suis très content. Lundi, je suis allé piloter. C’était ma façon de couper. Aller au travail, faire mon job comme je sais le faire, ça m’a remis en place. Le plus important, c’est de rester soi-même.

- Quel regard portez-vous sur votre exploit?
- On a fait un gros truc. Je dis «on» parce que si je suis tout seul sous mon aile, il y a beaucoup de gens, de près ou de loin, qui m’ont supporté. Avant mon vol et avec les reports de la tentative de traversée, la pression était très grande. Je me suis demandé pourquoi j’étais stressé. Je me suis rendu compte qu’en partageant mon exploit.

- Qu’avez-vous ressenti lors de votre traversée de la Manche?
- C’est un mélange de tout. A la sortie de l’avion, j’étais très tendu. Il ne fallait pas que je me loupe. Dès que l’aile s’est mise à l’horizontale, que les réacteurs sont partis, je me suis dit que c’était bon. J’ai pensé à tous ceux qui suivaient mon exploit, à la télévision ou à l’arrivée. Il y avait un mélange de concentration et de joie. J'étais dans une sorte d’état second.

- Votre exploit ouvre plein de nouvelles perspectives?
- Voler correspond avec un vieux rêve de l'homme. Avec ce premier prototype bricolé, on voit que c’est possible de voler. Le potentiel est énorme. Je vais maintenant disposer d’appuis scientifiques, d’un réacteur plus puissant. On va aller explorer le potentiel de cette façon de voler. Je ne pense pas que cela va devenir un moyen de transport ordinaire. Par contre, ce sera certainement un objet de loisir, destiné à des gens qui ont une certaine expérience de parachutisme et de vol libre.

- Votre prochain prochain projet, c’est de voler au-dessus du Grand Canyon, aux Etats-Unis. Pourquoi le Grand Canyon?
- Pour la beauté du site. Je me verrai bien réaliser un long vol et prendre des virages au-dessus du canyon. En cas de problème, j’ouvre mon parachute et j’atterris au fond du canyon. Au niveau de la performance, ce n’est ni mieux, ni moins bien que de voler au-dessus de la manche. Il y a aussi Superman qui a volé là-bas. Je veux réaliser pour de vrai ce qui a été fait en images de synthèse.

- Quand prévoyez-vous votre tentative?
- Courant 2009. Mais après, tout dépend des autorisations ou non de voler au-dessus du Grand Canyon. Il faut savoir que c'est un Parc naturel américain.

- Aujourd’hui, quelles sont les limites de Fusion Man?
- Je ne me mets pas de limite. J’ai senti le vol de l’oiseau. Je pense m’être approché de sa façon de voler, même si c’est inégalable. Le vol d’un oiseau, c’est tellement parfait. Voler comme ça sous mon aile simplement avec son corps, c’était un très beau feeling, très intuitif. Tout en restant très prudent, je veux aller explorer le potentiel de cette façon de voler.

«FusionMan» a réussi la traversée de la Manche