Lausanne

12 avril 2019 06:39; Act: 12.04.2019 12:12 Print

Forcé de réintégrer l'école où il était harcelé

par Xavier Fernandez - Un ado placé dans le privé retournera dans son ancien collège, faute de moyens financiers. Il y aurait vécu un véritable calvaire.

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Lado de 14 ans est censé retourner dans ce collège. (Photo: Ville de Lausanne)

Une faute?

Cristina* est terriblement angoissée. D'ailleurs, lorsque cette mère divorcée raconte son histoire, elle ne peut réprimer ses larmes. Son fils, qui selon elle était harcelé par certains de ses camarades, va devoir retourner dans le collège où il se sentait si mal.

L’histoire de cette famille est singulière. Tout a commencé avec la fille aînée de Cristina, aujourd'hui âgée de 16 ans. «Par le passé, c'était une élève modèle. Mais, du jour ou lendemain, ses résultats scolaires ont drastiquement baissé et elle refusait de retourner à l'école», se souvient la maman. Son mal-être était si profond qu'elle en est tombée malade. «Au début, je ne comprenais pas. Mais j'ai finalement trouvé sur son téléphone portable la preuve qu'elle était harcelée par des camarades», explique Cristina.

Une adolescence «bousillée»

Pour son bien, il a été décidé de la changer de collège. Mais la décision est arrivée trop tard, selon la maman. «Petit à petit, elle remonte la pente. Mais les séquelles de ces presque deux années de souffrance demeurent importantes. Elles l'ont bousillée. Jamais elle n'aura la vie qu'elle aurait dû avoir», déplore la maman.

Ainsi, lorsque son fils cadet, aujourd'hui âgé de 14 ans, a commencé à présenter lui aussi des symptômes de harcèlement, Cristina a immédiatement demandé un changement d'établissement. Mais elle a essuyé un refus. «Dans la situation de la jeune fille, des éléments probants ont été fournis par des instances médicales, ce qui n’est pas le cas pour le garçon», explique un porte-parole du Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

A la rentrée passée, Cristina a donc inscrit son fils dans une école privée. Et tous ses ennuis se sont envolés. Mais Cristina n'a plus les moyens d'assumer cette charge financière. Son fils sera donc contraint de retourner dans l'établissement où il se sentait si mal.

Déménagement aussi exclu

Une solution simple serait de déménager. Mais Cristina n'en a pas non plus les moyens. «J'habite dans un appartement dont le loyer est très bas. De plus, je suis proche de mon lieu de travail. Je ne peux donc pas me permettre de partir dans une autre commune aussi facilement. Je ne sais pas comment sauver mon fils. J'ai vraiment besoin d'aide.»

*Prénom d'emprunt