Procès à Vevey (VD)

12 décembre 2011 15:19; Act: 12.12.2011 15:33 Print

Il aurait abusé d'une prostituée à son domicile

Un homme d'affaires est accusé de contrainte sexuelle et de séquestration sur une prostituée. Des incohérences mettraient pourtant en cause la crédibilité de la victime présumée.

Une faute?

Le Ministère public a requis lundi à Vevey deux ans d'emprisonnement contre un homme d'affaires de 59 ans. En février 2010, dans son appartement, l'homme aurait brutalisé une prostituée.

Cet homme d'affaires a déjà été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis en 2008 pour des faits similaires. La défense, jugeant le témoignage de la victime peu crédible, réclame l'acquittement. Le verdict sera rendu mardi.

Versions contradictoires

Le 22 février 2010, l'homme s'est rendu dans un salon de massages érotiques et a demandé à la victime, une prostituée camerounaise, de l'accompagner à son domicile. Selon elle, après l'avoir amenée dans son appartement, il est ressorti pour acheter une bouteille de whisky.

A son retour, il aurait consommé de la cocaïne et tenté d'obliger sa partenaire à boire, la forçant à utiliser le godemiché qu'elle avait apporté. Il lui aurait donné des gifles, des coups de pieds et l'aurait tirée au sol par les cheveux alors qu'elle tentait de s'enfuir.

Lorsque le client s'est rendu dans sa salle de bains, la prostituée l'a enfermé et s'est enfuie. A l'audience, le quinquagénaire a rejeté ces accusations: il a assuré n'avoir fait subir aucune violence à la jeune femme. Il se serait endormi pendant qu'elle se masturbait devant lui, avant de se réveiller enfermé.

Témoignage incohérent

Selon la défense, plusieurs incohérences mettent en cause la crédibilité de la victime. En particulier, aucune trace de drogue n'a été retrouvée dans l'organisme de l'accusé. D'autre part, il sortait de plusieurs mois d'hospitalisation et paraissait trop affaibli pour pouvoir contraindre physiquement une femme d'un gabarit proche du sien.

Enfin, la prostituée avait des ajouts capillaires, rendant difficilement envisageable qu'elle ait pu être traînée par les cheveux. Dans sa première condamnation, l'homme avait été mis en cause pour des violences commises sur des prostituées camerounaises. Il a laissé entendre qu'il pourrait être victime d'un complot.

(ats)