Lausanne

28 février 2012 08:06; Act: 28.02.2012 08:13 Print

Il reprend goût à la liberté avec un robot très spécial

par Caroline Gebhard - Nicola Castro est le premier en Suisse à bénéficier d’un bras robotisé. De quoi renouer avec les petits gestes du quotidien.

Une faute?

«Avant, quand j’allais à la cafétéria, on me disait: t’as quelqu’un pour te donner ton café? Je répondais non et je n’en avais pas. Aujourd’hui, on ne peut plus me dire ça.» Nicola Castro est paralysé: seules sa tête et sa nuque sont mobiles. Mais depuis un mois et demi, ce résident de la Fondation Plein Soleil peut manger son croissant, s’essuyer la bouche ou se gratter le visage sans assistance.

Tout ça grâce à un bras robotisé fixé sur son fauteuil, qu’il commande avec la tête. «C’est la liberté», assure cet homme de 63 ans. Qui n’a pas hésité à mettre la main au porte-monnaie pour s’équiper de cet outil, le premier à être importé en Suisse par la société Reha-Robotics. Son prix: entre 40 ooo et 50 000 fr.

«Il peut répondre plus vite à certains de ses besoins. Ça lui donne le sentiment de maîtriser sa vie», souligne Sylvie Krattinger, consultante interdisciplinaire à la Fondation Plein Soleil, qui accueille des personnes en situation de handicap. Et ce n’est pas fini. Nicola Castro a commandé une fourchette adaptée, qui lui permettra de tendre vers davantage d’autonomie durant les repas. Il souhaite aussi installer son robot sur son lit afin de pouvoir l’utiliser pendant la nuit.

En attendant, il continue d’apprivoiser son nouvel outil technologique. «Je me sens à l’aise mais cela demande une très grande concentration. Le soir, je suis fatigué.» Il profite aussi de renouer avec de petites choses toutes simples. «L’autre jour, j’ai eu le plaisir d’offrir un café à une dame tétraplégique.»