Montreux (VD)

05 avril 2019 06:57; Act: 03.07.2019 10:57 Print

«On avait l'impression de vivre dans les égouts»

Plusieurs familles ont vécu dans des conditions invraisemblables durant presque une semaine à cause d'une guéguerre qui ne les concerne pas.

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«Pour aller aux toilettes, nous nous rendions dans un café. Et, pour prendre une douche, nous payions une entrée à la piscine afin d'accéder aux vestiaires», explique Roger*, locataire d'un appartement à la rue de la Corsaz 23, à Montreux.

Dans la nuit de vendredi à samedi, un bouchon dans la colonne de chute des eaux usées a provoqué un refoulement dans les lavabos, les toilettes et les baignoires de cet immeuble comptant une dizaine d'appartements. Les pompiers de Montreux sont intervenus en urgence pour aspirer ces rejets, mais le problème était plus grave qu'il n'y paraissait.

L'eau s'étant infiltrée dans certains murs, une partie du plafond à l'entrée du bâtiment s'est effondrée. Par mesure de sécurité, l'arrivée d'eau a donc été coupée, le temps que des travaux soient réalisés. Mais ceux-ci n'ont pas été entrepris avant cinq jours.

«On a l'impression de vivre dans les égouts»

Dans l'intervalle, les habitants ont dû vivre dans des conditions précaires. «Ne pas avoir d'eau courante et se voir interdire l'accès aux salles de bains, pour éviter de nouvelles inondations, c'était très difficile. Mais le pire, c'était l'odeur! On avait l'impression de vivre dans les égouts. De plus, on avait peur de se prendre un bout de plafond sur la tête, à chaque fois qu'on entrait ou sortait du bâtiment», commente Roger.

Si les locataires ont enduré tout cela, c'est à cause d'une bagarre qui ne les concerne pas. En fait, le bâtiment est une PPE qui est, ou plutôt était, administrée par la régie Zimmermann. Mais cette dernière ne souhaite plus s'occuper de ce bâtiment, car «le propriétaire a une ardoise longue comme le bras», indique un responsable. De son côté, Yann Décaillet, qui se déclare «gérant de certains appartements», estime que cette canalisation doit être considérée comme partie commune et que ce n'est pas à lui de faire le nécessaire.

Tout le monde se renvoie la balle

De plus, pour intervenir, les entreprises spécialisées devaient avoir accès à l'un des appartements du premier étage, dont Yann Décaillet avait la responsabilité. «Mais il me fallait le feu vert de l'Office des poursuites pour ouvrir la porte et j'ai galéré toute une journée, avant d'avoir une réponse», se défend Yann Décaillet. Toutefois, le préposé Jérôme Grandjean dément cette information. «Nous avons en effet ordonné la vente de l’appartement. Mais tant que celle-ci n'a pas eu lieu, le propriétaire en conserve la pleine jouissance. Il n'était donc pas nécessaire de nous demander une quelconque autorisation.»

Au final, ce n'est que mercredi soir que la canalisation a pu être débouchée. Dans la foulée, les locataires ont fait rétablir l'eau courante. «Mais l'entreprise qui s'en est occupée nous a bien averti que la solution trouvée n'est que provisoire. Les canalisations ne sont pas aux normes. Un bouchon pourrait donc se reformer à tout moment», déplore Roger.

Et, pour ne rien arranger, les locataires ont appris jeudi que, à la suite des inondations, tous les sols sont en train de pourrir. «Que ce soit sous le parquet ou le carrelage, il y a de l'eau partout. Il faudra donc de lourds travaux pour tout remettre en état. Autant dire qu'on n'est pas sortis de la m...», ironise Roger.

*Prénom d'emprunt

(xfz)