Vaud

29 avril 2019 06:21; Act: 29.04.2019 10:01 Print

Ivre au guidon, il ne veut pas être taxé d'alcoolo

par Christian Humbert - Un élu communal, pincé en train de zigzaguer sur son vélo, a contesté son amende et, surtout, le taux retenu, qui aurait pu le classer dans la catégorie des buveurs.

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Le cycliste rentrait d'une soirée arrosée entre amis. (Photo: Keystone/Image prétexte)

Une faute?

Il en fait une question de principe tout en reconnaissant avoir circulé bourré à vélo: un conseiller communal de la Riviera vaudoise, titre dont cet homme au foyer s’est prévalu tant devant la police qu'au tribunal, ne veut pas être traité comme un alcoolo. Car selon la prise de sang effectuée dans la nuit du 12 octobre dernier, exigée après son refus de se soumettre à l'éthylomètre, son alcoolémie était de 1,62 pour mille.

Aux yeux du service des automobiles vaudois (SAN), ce taux implique visite médicale et contrôle afin de savoir si le quadragénaire, qui a zigzagué sans feu et coupé un virage à vélo doit être considéré comme un buveur. «Nullement. C’était une soirée entre copains», a-t-il répété récemment à la présidente, Catherine Piguet, en faisant opposition à l'amende de 900 francs que lui avait infligée par un procureur. Et le cycliste, sans avocat, avait préparé l'audience: « La police – avec laquelle les rapports n’ont pas été des plus cordiaux – a indiqué que le dernier verre remontait à 21 h. Or j’ai bu pour la dernière fois à 23h45. Le taux retenu est donc faux.»

Taux revu à la baisse

La présidente a eu beau lui expliquer qu’elle n'allait pas revenir sur un rapport de police, établi par des agents assermentés, l’élu n’en a pas démordu. De fait, la présidente s’est renseignée: il est exact que le taux, compte tenu d'une dernière ingestion d'alcool plus tardive, pourrait être en-dessous des fameux 1,6 pour mille sanctionnant une alcoolémie importante.

«Il faut que cela soit précisé dans votre décision, afin que je puisse le faire valoir auprès du SAN», a plaidé le cycliste. Et il a bien fait: le tribunal a finalement retenu un taux de 1,45 pour mille au minimum. L'homme a toutefois écopé de la même amende, pour violation simple des règles de la circulation routière et conducteur se trouvant dans l’incapacité de conduire un véhicule sans moteur. S'y ajoutent 1536 francs de frais. Pas satisfait par cette décision, l'élu a pris un avocat et a saisi le tribunal cantonal.

Pas forcément un retrait de permis

Le SAN avait suspendu sa décision administrative, dans l'attente du jugement intervenu il y a peu, et qui a confirmé la sanction prononcée précédemment par un procureur. Ce service avait envisagé d'infliger à l'élu une interdiction de conduire un cycle pour au moins un mois. Mais l'homme devrait toutefois conserver son permis de conduire une voiture, sauf s'il a des antécédents liés à l'alcool, précise Luc Mouron, responsable de la division Droit de conduire au SAN.