Vaud

02 mai 2012 12:13; Act: 02.05.2012 17:56 Print

L'ex-centrale de Lucens sous surveillance

Deux collecteurs automatiques ont été installés mercredi dans l'ancienne centrale nucléaire de Lucens (VD), afin de contrôler le niveau des émissions de tritium.

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Avec des prélèvements toutes les 12 heures, l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) veut poursuivre sa surveillance des émissions de tritium et essayer d'en connaître l'origine.

Malgré les dernières nouvelles rassurantes sur les niveaux de tritium, qui ont montré qu'il n'y avait pas de contamination de l'environnement, les responsables continuent leurs recherches. Les collecteurs permettront de contrôler l'eau d'infiltration sous la caverne du réacteur et dans le bassin principal où sont réunies toutes les eaux récoltées, explique Sybille Estier, cheffe de la section radioactivité de l'environnement à l'OFSP.

Deux hypothèses

Longtemps, les niveaux de tritium n'ont alerté personne, mais fin 2011 et début 2012, une hausse a été constatée. Sans que cela signifie un danger quelconque, précise la responsable: dans le bassin principal, un pic de 230 becquerels par litre (Bq/l) a été mesuré alors que la valeur limite légale est de 12'000 Bq/l.

Avec les collecteurs automatiques, l'OFSP entend non seulement surveiller, mais aussi, elle espère déterminer l'origine de la hausse. Il y a deux hypothèses: soit il s'agit de restes de la contamination du coeur du réacteur accidenté, soit c'est de l'eau lourde contenant du tritium qui a été rejetée dans la roche de la caverne aujourd'hui entièrement bétonnée.

Les spécialistes de l'époque ont estimé qu'il manquait 400 grammes de combustible nucléaire entre ce qui a été mis dans la centrale et ce qui en a été extrait après l'accident de 1969. Ces 400 grammes sont diffusés, ce n'est pas un bloc que l'on pourrait détecter, relève Sybille Estier.

Pas de crainte

Avec les collecteurs, on espère savoir d'où ça vient, note Christian Pittet, responsable du site de Lucens, qui abrite aujourd'hui les biens culturels du canton de Vaud. «Mais on ne s'attend pas à une résurgence d'autres pics de tritium», juge Sybille Estier. Autre nouvelle rassurante, les recherches de césium et de strontium n'ont pas permis de déceler quoi que ce soit de remarquable.

Le programme de surveillance de l'OFSP est prévu grosso modo jusqu'en 2022, date à laquelle la radioactivité des 400 grammes de combustible ne devrait de toute manière plus poser de problème. Dans les années 1960, les essais nucléaires ont par exemple dégagé dans l'hémisphère Nord des niveaux de tritium allant jusqu'à 500 Bq/l aux Etats-Unis, note Sybille Estier.

Coeur endommagé

En 1969, durant la construction de la centrale de Lucens, un élément a partiellement fondu, provoquant d'importants dégâts au coeur du réacteur. Celui-ci a été arrêté, puis démonté. Lucens figure aujourd'hui au 8e rang des catastrophes nucléaires mondiales.

L'ancienne centrale est une sorte de laboratoire de ce qui se passe après un accident et de la gestion qu'il faut mettre en oeuvre, remarque Christian Pittet.

(ats)