Mobilité vaudoise

11 mai 2012 12:59; Act: 11.05.2012 15:25 Print

L'objectif 2012 pas atteint

La part des transports publics dans la mobilité vaudoise continue à progresser. Mais l'objectif d'une réduction à 70% de la voiture en 2012 ne sera cependant pas atteint.

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Le chef du Département des infrastructures François Marthaler s'est dit vendredi «un peu déçu» par les résultats de 2011, mais «globalement satisfait». A ses yeux, l'essentiel est sauf: la part des transports publics continue à s'accroître, même si l'évolution n'est pas aussi rapide que souhaitée.

«On a été un peu euphorisé par les résultats de 2007-2008» lorsque l'objectif d'une part modale de 70% des transports individuels motorisés (TIM) a été fixé pour 2012, a reconnu l'écologiste François Marthaler. Le but devrait plutôt être atteint «au début 2014».

Taux de motorisation en baisse

Ce délai s'explique aussi par la durée prise pour les grands projets d'infrastructures ferroviaires, par exemple. Il est compté en dizaines d'années, ce qui ne permet pas toujours de tenir le rythme escompté. Néanmoins, le taux de motorisation baisse dans le canton et celui des Vaudois possédant un abonnement de transports publics croît.

Pour mille habitants, le canton de Vaud compte désormais 512 voitures contre plus de 530 entre 2001 et 2005. En 2010, 87% des bénéficiaires de permis de conduire avaient une voiture à disposition contre 94% cinq ans plus tôt. Pour les abonnements de transports publics, 46% des Vaudois en ont un contre 37% en 2005.

Emballement démographique

Plus généralement, le canton de Vaud doit continuer à faire face à «une dynamique démographique exceptionnelle» de 1,9% l'an dernier, digne des années 1960, a souligné François Marthaler. L'évolution de la mobilité est toutefois encore «largement supérieure» à ce taux et atteint 3,1%, soit 1,2% de croissance réelle.

«Les alarmes s'allument un peu partout», a relevé le conseiller d'Etat. La croissance du trafic en direction du Nord du canton, grosso modo Lausanne-Yverdon, «m'interpelle fortement», a-t-il déclaré.

Mauvaise qualité de l'air

La forte augmentation de la mobilité entraîne des nuisances, à commencer une mauvaise qualité de l'air. Les valeurs limites OPair continuent à être atteintes ou dépassées pour les trois polluants majeurs, l'ozone, les particules fines et les dioxydes d'azote. La première cause est le trafic motorisé, a rappelé François Marthaler.

Face à ces défis, l'écologiste a prôné une action résolue du canton, passant notamment par des investissements accrus en faveur des transports publics. «Ce n'est pas une vision d'écolo fanatique», a lancé François Marthaler: il faut juste que Vaud rattrappe son retard sur des grandes agglomérations alémaniques, qui est encore de 5 ans 10 ans selon les cas.

Gare RER de Malley

A cet égard, le 29 juin sera «un jour important» pour le conseiller d'Etat. Non seulement, il accomplira sa dernière journée de travail de ministre, mais surtout il pourra inaugurer la gare RER de Malley, élément essentiel de la stratégie cantonale de développement du rail.

Pour rappel, mardi dernier, Berne a indiqué que la part du train a nettement progressé au niveau suisse, mais que la voiture restait le principal moyen de transport, en particulier en Suisse romande et au Tessin.

(ats)