Lausanne

21 août 2019 08:04; Act: 21.08.2019 11:09 Print

L’orphelin fortuné était en réalité un bel arnaqueur

par Christian Humbert - Un étudiant a réussi à soutirer une forte somme d'argent au père de l'un de ses camarades, qui croyait avoir affaire à un riche héritier.

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Le jeune homme fréquentait l'École hôtelière de Lausanne. (Photo: Claire Souran Wikipedia)

Une faute?

«Mes parents sont décédés. J’ai hérité de leur fortune.» Quatre ans durant, alors qu’il étudiait à l’École hôtelière de Lausanne, un Asiatique de 24 ans a joué le rôle du riche héritier auprès de son entourage. «Il portait des montres et des habits de marque. Il invitait ses amis à des soirées dont il réglait les notes», qui atteignaient parfois 15'000 francs, rapporte une source proche du dossier.

Pas étonnant, donc, que le jeune homme ait eu besoin de liquidités. Il est alors parvenu à inciter le père d’un de ses
camarades à lui avancer 250'000 euros. A priori, ce dernier n’avait pas de raison de s’inquiéter: c’est devant un avocat fribourgeois que les papiers du prêt ont été signés. Mais le remboursement s’est fait attendre au-delà d’un délai raisonnable, et le créancier a déposé plainte en juillet 2018.

Il avoue et... se volatilise

L’étudiant a été entendu par les enquêteurs, puis relâché. Et depuis, il s’est volatilisé. Lors de son audition, il avait admis l’intégralité des faits, expliquant que c’était sa mère, en réalité bien vivante, qui finançait ses études. Or, celle-ci, domiciliée en Chine, ne paraît pas particulièrement fortunée.

Le faux orphelin a aussi expliqué s’être «inventé une vie pour impressionner». Il avait par exemple invité 34 de ses amis à un voyage d’études en Asie. 

Papiers douteux

Me Philippe Ciocca, avocat du lésé, n’écarte pas l’hypothèse d’autres arnaques: l’argent prêté par son client aurait ainsi permis de rembourser d’autres créanciers. Le prévenu avait plusieurs comptes, dans divers établissements bancaires, et il a utilisé de fausses cartes de crédit.

Les documents qui ont servi à ratifier le prêt, les papiers fournis pour son inscription à l’École hôtelière, son CV et même son nom seraient par ailleurs douteux.