Lausanne

02 décembre 2011 15:56; Act: 02.12.2011 19:55 Print

La Justice va à la rencontre des sans-abri

par Francesco Brienza - Le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne s'est rendu aux Prés-du-Vidy, vendredi matin, pour tenter de trouver une issue au conflit qui oppose ses occupants à la Ville.

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Il fait froid et il est relativement tôt, mais il y a du monde aux jardins des Prés-du-Vidy, en ce vendredi matin. Le Président du Tribunal d'arrondissement de Lausanne, accompagné d'un greffier et de deux policiers, est venu rendre visite aux occupants des cabanons familiaux. Des sans-abri, pour la plupart Roms, mais pas seulement: les lieux sont également investis par des membres du collectif «La Bourdache», qui cultivent les terres abandonnées depuis le mois de mars. Cette rencontre pour le moins insolite n'est pas une visite de courtoisie. Le Président vient faire l'instruction des mesures provisionnelles dans l'affaire qui oppose ces squatters à la Ville de Lausanne, propriétaire du terrain.

Une alternative offerte par portacabines

En tout, une bonne cinquantaine de personnes sont sur place. Une trentaine d'habitants et des sympathisants venus montrer leur soutien aux sans-abri. «Laissez-les rester!», crie l'un d'entre eux. «Ils n'ont nulle part où aller!», renchérit un autre.

C'est dans cette atmosphère, un poil tendue mais pacifique, que le Président annonce la proposition de la Ville. Trente-cinq places pourront accueillir des sans-abri dans des portacabines mis à disposition par la Commune à partir du 12 décembre. Une dizaine de lits supplémentaires pourraient être négociés, en cas de besoin, dans différents abris de la protection civile lausannoise.

«Ici, nous bénéficions d'une intimité»

«Cette solution n'est pas satisfaisante, explique Julien, du collectif de La Bourdache. Nous sommes près d'une soixantaine à dormir ici, tout le monde n'était pas présent à l'audience!» Au-delà du manque de places offertes dénoncé par l'activiste, c'est surtout le flou qui entoure la proposition qui le gêne. «On ne sait ni où, ni comment, ni dans quelles conditions nous serons relogés, s'indigne-t-il. On ne peut pas entasser dix personnes dans un portacabine sans qu'il y ait des tensions. Ici au moins, nous bénéficions d'une certaine intimité.»

Le collectif va, par conséquent, demander à la Ville de bien vouloir les tolérer sur place jusqu'à la fin de l'hiver. «Les travaux préliminaires et les fouilles archéologiques ne vont pas commencer demain, poursuit Julien, alors pourquoi ne pas nous laisser rester ici en attendant?» La justice devra encore parallèlement se prononcer sur l'ordonnance d'évacuation à l'encontre des personnes qui occupent ces cabanons.