Accident de Bel-Air

14 mars 2011 15:34; Act: 14.03.2011 15:41 Print

La conductrice et le dépanneur au tribunal

Le procès d'une conductrice et de son dépanneur s'est ouvert lundi devant le Tribunal de police de Lausanne.

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En juin 2009, lors d'une opération de dépannage, et conductrice et on dépanneur ont renversé huit personnes à la place Bel-Air, en plein centre de Lausanne.

Deux des victimes, dont une Equatorienne sans papiers de 55 ans, ont déposé plainte. Les deux accusés sont renvoyés pour lésions corporelles graves par négligence. Le jugement tombera ultérieurement.

Volant bloqué

Le 26 juin 2009, vers 17h00, l'accusée, une restauratrice de 31 ans, est tombée en panne au centre-ville et a fait appel à un dépanneur. Arrivé 40 minutes plus tard en raison du fort trafic, il a relié son véhicule à la voiture en panne et entrepris de la déplacer de quelques dizaines de mètres pour dégager la chaussée.

Dès la mise en mouvement, le volant de la voiture dépannée s'est bloqué. Surprise, la conductrice n'a pas eu le réflexe de klaxonner ni de freiner. Sa voiture a dévié vers la droite, escaladé un trottoir et renversé huit piétons avant de s'immobiliser.

Manque d'instructions

L'accusation reproche au dépanneur d'avoir omis de s'assurer que sa cliente avait introduit sa clé et mis le contact avant de démarrer le tractage. La conductrice, qui venait à peine de mettre sa ceinture, ne s'attendait pas à démarrer immédiatement.

Elle a déclaré que le dépanneur ne lui a pas expliqué qu'elle devait mettre le contact avant le tractage. De telles indications sont «élémentaires» et «indispensables» dans toute opération de dépannage, selon les professionnels entendus à l'audience.

Graves séquelles

La mère de famille Equatorienne, percutée alors qu'elle sortait d'un centre commercial, a été violemment heurtée par derrière. Souffrant d'une fracture ouverte de la cheville, elle a subi deux semaines d'hospitalisation et doit encore se déplacer avec des cannes. Elle souffre aussi d'importances séquelles psychiques.

Dénoncée en tant que sans-papiers par la police, elle a demandé un permis humanitaire. Malgré un préavis favorable de l'Etat de Vaud, l'Office fédéral des migrations a rejeté sa demande. Un recours a été déposé au Tribunal administratif fédéral.

La deuxième plaignante, une analyste bancaire, a violemment heurté avec la tête le pare-brise du véhicule. Elle souffre de graves séquelles. Depuis l'accident, elle a perdu le goût et l'odorat, et peine à supporter la lumière et à se concentrer lorsqu'elle est fatiguée.

(ats)