Vaud

10 mars 2019 11:49; Act: 10.03.2019 17:46 Print

La hausse de la fiscalité attise les rivalités à Nyon

Partisans et opposants d'une hausse de la fiscalité à Nyon s'affrontent avant le vote de dimanche prochain.

storybild

Le taux d'imposition doit grimper de 61 à 65% à Nyon. (Photo: Keystone/archive/photo d'illustration)

Sur ce sujet
Une faute?

Nyon se prononce dimanche 17 mars sur une hausse de sa fiscalité. Le sujet donne lieu à une campagne virulente dans la commune vaudoise, où partisans et opposants s'accusent mutuellement d'irresponsabilité.

Le taux d'imposition doit grimper de 61 à 65%. L'objectif consiste à limiter le déficit budgétaire 2019 à 8,7 millions de francs. Un déficit qui passerait à près de 15 millions si rien ne devait être entrepris, assure la municipalité.

«Facile et démagogique»

Acceptée en novembre dernier par le Conseil communal, la hausse d'impôt est combattue par un référendum, lancé par les trois partis de droite (PLR, UDC, Vert'libéraux). De quoi irriter ceux qui estiment que Nyon n'a pas d'autre choix.

«C'est facile et démagogique de lancer un référendum contre une hausse d'impôt. C'est comme voter contre le mauvais temps, personne n'en veut», affirme le syndic Daniel Rossellat, interrogé par Keystone-ATS. «Nous avons ce devoir de responsabilité d'augmenter les impôts pour assurer les prestations à la population, mais aussi pour ne pas faire peser le poids de la dette sur les générations futures», explique l'élu indépendant.

«C'est la municipalité qui n'agit pas de manière responsable», rétorque le conseiller communal UDC Sacha Soldini, l'un des coprésidents du comité référendaire. «L'association 'Nyon compte' (ndlr: favorable à une hausse d'impôt) cherche à faire peur aux gens, notamment en instrumentalisant les générations futures», estime-t-il.

«Double peine»

Autant dire que l'ambiance n'est pas au beau fixe sur la Côte. «Les positions sont très antagonistes. Et certains profitent de cette campagne pour se faire 'mousser'», relève M. Rossellat. «On entend tellement de mensonges qu'il est parfois difficile de se contenir», répond M. Soldini. Et si tous deux affirment qu'il faut malgré tout savoir «prendre de la hauteur», le débat n'en reste pas moins crispé.

Si Nyon se retrouve dans une telle situation, c'est le résultat de plusieurs facteurs. La commune est confrontée à une augmentation des charges liées à la péréquation cantonale et, parallèlement, à une baisse des recettes liées à la réforme vaudoise de la fiscalité des entreprises (RIE III).

«C'est une double peine», note M. Rossellat. «Notre marge de manoeuvre est d'autant plus limitée que nous devons aussi composer avec une forte croissance démographique», ajoute le syndic d'une ville qui frôle désormais les 22'000 habitants.

«Si les impôts n'augmentent pas, Nyon se retrouvera dans une situation financière très délicate. Il y aurait un gros impact sur les prestations fournies à la population», affirme le patron du Paléo Festival.

Taux bas

Pour les opposants à la hausse de la fiscalité, la situation actuelle est surtout imputable aux autorités, qu'ils jugent incapables de maîtriser les dépenses. «La ville doit apprendre à vivre avec ses moyens», juge M. Soldini. Il estime aussi que Nyon doit «réduire la voilure», par exemple en ne remplaçant pas les départs naturels parmi les employés de la commune.

Même si le taux d'impôt devait augmenter à 65%, Nyon resterait l'une des localités vaudoises les plus favorables en matière fiscale. Parmi les villes du canton, seules Pully (61%) et Gland (62,5%) affichent des taux inférieurs. «Notre taux est bas. Mais les gens ne veulent pas l'entendre», regrette M. Rossellat, qui juge «très faibles» ses chances de succès dans les urnes.

Pas s'aligner

«Si notre taux est bas, ce n'est pas une raison pour s'aligner sur les autres», remarque M. Soldini. A l'inverse de son rival, le conseiller communal UDC se dit dans un état d'esprit «assez positif» avant la votation du 17 mars.

(nxp/ats)

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 72 heures est automatiquement désactivé en raison du très grand nombre de messages que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Paul & Mick le 10.03.2019 12:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Politiques trop bien payés !!!

    Il faudrait commencer par réduire les salaires des politiques ! Exemple : M. Rossellat dispose d'un salaire net annuel de 123'833.- pour un 60 % ! Un 100 % donnerait plus de 206'000 francs par an ou plus de 17'000.- par mois net ! Est-il nécessaire de dépenser autant d'argent public pour avoir de bons gestionnaires communaux ?

  • Mevolemar le 10.03.2019 12:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trop d'ambitions ?

    Personne n'a forcé la commune à construire ou laisser construire cette cité à l'entrée nord de Nyon! Si des coûts importants ont été nécessaires il fallait le faire proportionnellement aux rentrées fiscales futures! Les autres habitants n'y gagne que bouchons et mobilité restreinte aux heures de pointes! Habitant depuis 50 ans je constate que la vie dans la ville va de pire en pire et maintenant les impôts en plus!

  • Stop racket le 10.03.2019 13:09 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Écoeurement

    Loyer inabordable, assurance ruineuse, et impôt à la hausse, le raket de la population continue... Et il faudrait encore dire merci ! Déjà diminuer le train de vie de l'état, et arrêter de dilapider l'argent public.

Les derniers commentaires

  • mamie égoiste le 13.03.2019 10:03 Report dénoncer ce commentaire

    communication culpabilisante

    décidément M. Rosselat a toujours les mots pour plaire

  • Insomnie le 11.03.2019 16:29 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin!!

    Merci 20minutes, je cherchais mes billets de 1'000 partout!! Évidemment, je saurai récompenser la bonne âme avec une petite boîte de chocolat Frey (on me les a offerts, j'aime pas trop, mais cest de bon coeur). :-)

  • Didier le 11.03.2019 10:53 Report dénoncer ce commentaire

    Aveuglé par Genève

    On subit les conséquences de la ville de Genève car le 40% des contribuables de plus de 100 milles francs annuels travaillent à GE. D'ici 5 ans une dizaines de boites vont quitter la Suisse et de l'autre coté de la frontière on prépare le projet de 5000 logement comme promis par le clan Macron. Donc inutile d'augmenter les impôts mais faut baisser les charges! si non dans peu de temps beaucoup de citoyens feront la valise.

    • Carlo le 11.03.2019 11:47 Report dénoncer ce commentaire

      @Didier

      J'ai fait la valise depuis 10 ans! aucun intérêt de vivre dans cette ville et région. Logements chers, circulation saturé, centre ville avec accès limité, classe moyenne en difficulté avec la présence de nombreux frontaliers et plus aucune identité car on parle plus l'anglais que le français. Je suis parti à 10 minutes de la riviera et malgré un salaire de 900 de moins, il me reste presque le double d'argent pour vivre. Pour être bien dans cette ville il faut gagner minimum 5500.- par mois, si ce n'est pas le cas mieux voir ailleurs.

  • Petit Salaire le 11.03.2019 10:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Non mais

    Il gagne autant que ça ? SCANDaleux je comprends bien des choses

  • Julien le 11.03.2019 10:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    la municipalité doit mieux gérer ces finances

    Je suis né à nyon, je vie encore à nyon et pour moi l'argent est très mal géré par la municipalité voilà pourquoi les citoyens veulent pas payer plus. ils ont suffisamment comparé à d'autres communes, une police minimale qui roule en Mercedes de luxe, BMW x4, x5, et sans sans parler des innombrable inoguration coûteuse et inutiles pour arroser des verres à l'élites ainsi que les 16 million l'an dernier pour l'usine à gaz de nyon que les citoyens ne rêveront jamais. Sauf les belle idées festive de roselat...