Lausanne

13 juin 2019 06:09; Act: 13.06.2019 11:55 Print

La présence d’agents en solo a repoussé les dealers

par Frédéric Nejad Toulami - La Ville vante l'efficacité de ses policiers opérant seul. Elle souhaite que l'académie de police de Savatan intègre ce concept dans ses cours.

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«J’ai moi-même fait l’îlotier des heures sur le terrain cet hiver.» Commandant de la police lausannoise, Olivier Botteron admet que patrouiller seul en ville n’est pas un modèle classique. «Et il est vrai que le sens de la mission n’est pas toujours compris par certains agents». Mais vu le «succès» de l’opération, lancée il y a un an pour lutter contre le trafic de drogue au centre ville, les autorités ont annoncé hier que cela devenait un dispositif permanent désormais entre 7 et 23 h. Ce n’est pas tout: Olivier Botteron demande que l’Académie de police de Savatan (VD) adopte l’îlotage en solo dans son cursus, pour faire évoluer le concept de proximité. Pour rappel, cette école forme les futurs policiers des cantons et communes vaudoises, genevoises et valaisannes.

Faire évoluer le concept de police de proximité

«Une intervention, se fait toujours à deux agents minimum, décrit Olivier Botteron. Avec cet îlotage seul, ça change la philosophie de la police de proximité et l'approche sur le terrain vis-à-vis du citoyen. Cela devrait être inclus dans le cursus de l'école romande de police de Savatan, qui doit faire évoluer son concept pour comporter ce nouveau module dans le cours de police de proximité qui fait partie intégrante de l'examen pour le brevet fédéral» estime le commandant de la police lausannoise.

Contacté mercredi, le conseiller en communication de l’institution n’a pas répondu à nos questions.

Commandant remplaçant de la police de Morges (VD), Clément Leu rappelle que la règle qui prévaut est de patrouiller au moins à deux, pour des raisons de sécurité et pour être plus efficace. «Le faire en solo se fait épisodiquement, précise Clément Leu. Mais c’est l’objectif de la mission qui détermine le nombre.» Il constate que les citoyens osent plus approcher un policier seul, et estime qu'une approche des patrouilles en solo peut être envisagée comme une évolution future.

Du côté de Neuchâtel, le porte-parole de la police Georges Lozouet exclut pour l'heure des patrouilles en solo pour les mêmes raisons, sauf cas spécifiques comme par exemple devant une école.

(NOT)