Formation

29 mars 2011 21:21; Act: 29.03.2011 22:59 Print

Lausanne s'engage pour les sans-papiers

Le Conseil communal de Lausanne a accepté mardi soir de s'engager en faveur des apprentis sans-papiers.

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La Muncipalité de Lausanne a reçu mardi soir le feu vert du Conseil communal pour étudier la possibilité d'engager des apprentis sans papiers. La proposition a été acceptée par 57 oui contre 23 non et quatre abstentions. L'exécutif privilégiera toutes les solutions légales possible.

Le rapport-préavis de la Municipalité répondait à une motion déposée en 2002. Elle visait à faire appliquer la convention internationale des droits de l'enfant en donnant un accès à la formation professionnelle aux enfants sans statut légal au nom du principe de l'égalité de traitement, a rappelé son auteur Alain Hubler (A gauche toute).

«La Municipalité de Lausanne a décidé de prendre les choses en main. Je la remercie vivement pour son courage. Grâce à son coup d'accélérateur et celui d'Oscar Tosato, le dossier a fait un bond en avant jusqu'à Berne. La motion Barthassat qui reprend l'idée d'ouvrir l'apprentissage aux jeunes clandestins (PDC) a été acceptée par les deux Chambres», a-t-il rappelé.

Décision inapplicable

La droite du Conseil communal a tenté en vain de s'interposer. «Il y a certes eu des motions prises en considération par les Chambres fédérales, mais les dispositions légales n'ont pas changé pour autant. On ne peut s'asseoir sur la loi», a déclaré Thérèse de Meuron (PLR).

«Nous sommes prêts à discuter, mais on ne peut pas aller plus vite que la mécanique», a relevé Jean-Luc Chollet (UDC). «Il faut que cela commence à Berne pour des questions d'égalité entre cantons. Sinon Lausanne devra accueillir tous les apprentis sans papier de Suisse», a-t-il remarqué.

Le PDC soutient la motion Barthassat, mais souhaite aussi attendre l'entrée en vigueur du droit au niveau fédéral, a déclaré le conseiller communal Axel Marion. Tant que le droit n'aura pas changé au niveau fédéral, la Municipalité ne prendra pas le risque d'engager des clandestins sans papier, a-t-il parié.

Engagement politique de la Ville

La gauche et les Verts ont largement soutenu le projet. Il s'agit d'un engagement politique pris par la Ville dans le sens d'un développement ultérieur. Et tout n'est pas blanc et noir dans la loi, a soulevé Solange Peters (PS).

On ne peut conclure que l'engagement de sans papiers est illégal. Cette option est remise en cause par certains partis qui ne veulent pas accepter certaines populations à Lausanne, a-t-elle poursuivi. Former des apprentis sans papier c'est leur donner un faux espoir, selon la droite. Mais ne pas le faire, c'est leur donner un vrai désespoir, a ajouté Alain Hubler.

«La motion de M. Hubler a permis une vaste discussion nationale pour trouver une solution à un drame humain», a déclaré Oscar Tosato, municipal de l'enfance et de la jeunesse. «Nous allons essayer de trouver avec les autorités cantonales et fédérales toutes les solutions légales, mais nous devons maintenir la pression si nous voulons aboutir à quelque chose.

«Si rien ne se passe, nous étudierons des solutions au nibeau communal. Aucune place d'apprentissage n'a été ouverte, a ajouté le socialiste. «Mais nous planchons sur un certain nombre de projets notamment en collaboration avec la ville de Genève. Une école professionnelle telle la COFOB sur le plan cantonal pourrait être étudiée au niveau communal», a-t-il donné en exemple.

«Nous avons mis en évidence la pointe de l'iceberg. Mais notre but est de trouver une solution pour tous les jeunes sans papier», a encore souligné M. Tosato.

(ats)