Canton de Vaud

26 novembre 2018 14:24; Act: 26.11.2018 15:10 Print

Le sexisme est encore trop présent dans les hôpitaux

par Xavier Fernandez - Une campagne vient d'être lancée pour sensibiliser les collaborateurs du CHUV, à la suite de divers témoignages d'étudiantes.

Les comportements sexistes envers les étudiant(e)s en médecine au CHUV, c'est terminé. Une campagne ciblée est lancée.
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De la bête remarque sur leur physique aux attouchements, en passant par une infinité de comportements déplacés, les étudiantes en médecine du canton de Vaud sont régulièrement victimes de sexisme, voire de harcèlement sexuel, dans les hôpitaux. Cette vérité, mise en lumière ce printemps par un sondage du collectif Clash, n'a pas laissé indifférent le directeur du CHUV Pierre-François Leyvraz: «En apprenant cela, j'ai été sidéré. Je ne soupçonnais pas que certains propos pouvaient être aussi violents.»

Plusieurs jeunes femmes en sont même venues à renoncer à la spécialisation dont elles rêvaient, telle que la chirurgie, car «l'ambiance y est trop sexiste et parfois sous ses formes les plus crues», dénonce une représentante du collectif. Et le directeur d'ajouter: «c'est intolérable!»

Afin de sensibiliser les collaborateurs du CHUV à cette problématique, une campagne d'affichage a été lancée lundi au sein des différents services. Les affiches, qui prônent la «tolérance zéro», reprennent quelques-uns des témoignages recueillis par Clash. Mais pas les pires. «Les patients et leurs familles pouvant potentiellement les lire, nous avons préféré ne pas aller trop loin», explique Antonio Racciatti, directeur de ressources humaines de l'hôpital universitaire.

Aussi une antenne téléphonique

En parallèle, une antenne téléphonique d'écoute, gérée par le collectif Clash et destinée en priorité aux étudiantes, a aussi été mise en place (079 556 34 94). «Il est parfois plus facile de se confier à des camarades, plutôt qu'à la hiérarchie ou aux médiateurs de l'Espace collaborateurs du CHUV. Dans la plupart des cas, il y a une forme de honte et une certaine peur des répercussions», estime l'une des responsables de Clash.

Quant à la question d'éventuelles sanctions contre les auteurs des ces comportements déplacés, cela peut aller de la lettre de recadrement à l'avertissement ou au licenciement avec effet immédiat. «Mais cela dépendra de la volonté de la victime. Parfois, de simples excuses peuvent s'avérer plus réconfortantes», souligne une médiatrice du CHUV.

Des cours pour mieux réagir

De plus, le collectif de lutte contre les attitudes sexistes en milieu hospitalier souhaite instaurer un formulaire d'évaluation des stages, comportant des questions spécifiques à cette thématique. En outre, un cours obligatoire pour les étudiants en médecine de quatrième année ayant pour but de les aider à mieux réagir et faire valoir leurs droits face à une situation sexiste sera mis au programme dès septembre 2019.

Pour finir, le directeur du CHUV estime qu'il ne s'agit là que de la pointe visible de l'iceberg, les cas réels étant bien plus nombreux que ceux dénoncés. Et cela touche tous les corps de métier, pas seulement les étudiantes en médecine. «Pour l'heure, la campagne se focalise sur cette population en particulier, afin de ne pas se diluer. Mais, dans un deuxième temps, nous pourrions aussi y associer les infirmières, par exemple», souligne Pierre-François Leyvraz.

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Les commentaires les plus populaires

  • Claude le 26.11.2018 14:48 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Bien

    Déjà en tant qu'homme l'ambiance professionnelle est parfois pesante, surtout en parlant de hiérarchie, mais alors en tant que femme j'imagine même pas. Je suis pas spécialement féministe, mais faut évoluer à un moment donné, ces remarques d'un autre âge doivent cesser. Je ne pense pas que ces messieurs à la langue bien pendue apprécieraient que leur fille soit traitées de la sorte...

  • Pseudo Nyme le 26.11.2018 14:39 Report dénoncer ce commentaire

    On les dénonce où ?

    D'autres institutions devraient en prendre de la graine. J'ai vu un membre de la direction d'un hôpital tenir, à plusieurs reprises, des propos parfaitement scandaleux et sales à propos de secrétaires ou subordonnées. Malheureusement c'est souvent dans les plus hauts échelons que ça se passe... Par des gens indéboulonnables qui se pensent supérieurs et intouchable. A noter également que certaines femmes ne sont pas en reste lorsqu'ils s'agit de harcèlement (tant envers des hommes que vers d'autres femmes)

  • Mariliane le 26.11.2018 14:31 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    medecins assistantes et les autres ?

    les médecins assistantes ne sont pas les seules victimes de ce genre de propos. il y a aussi les infirmières, les aides, les assistantes en soins communautaires... le personnel féminin dans son ensemble. Les médecins assistantes ou stagiaires ne résument pas à elles-seules le harcèlement.

Les derniers commentaires

  • Germain Surrelakuyhss le 28.11.2018 23:39 Report dénoncer ce commentaire

    pas clair

    Je vois toujours pas où est le problème. C'est les professeurs qui en ont assez d'être aguichés? C'es ça?

  • Tony le 28.11.2018 15:03 Report dénoncer ce commentaire

    Tu as le manche ?

    Chacun son métier, je laisse la vaisselle à ma bourgeoise pour la faire se sentir femme et je lui rend après en lui montrant qui est l'homme.

  • riri le 27.11.2018 12:22 Report dénoncer ce commentaire

    un jour

    il y aura une guerre, juste car les hommes voudront prouver, qu'ils sont encore des hommes...

    • Lulu le 27.11.2018 13:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @riri

      Et ça veut dire quoi « être un homme »? Avant de faire la guerre ce serait pas mal de sentendre sur les définitions..pour moi ce nest en tout cas pas celui qui a le culot de me plaquer sa main sous ma jupe en prétextant quil vérifie si jai bien une culotte(vécu donc ! Collègue de bureau, charmant par ailleurs..)

  • Yong Tchi Trumpf le 27.11.2018 11:01 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Y faudrait un médicament

    Faut inventer un médicament qui supprime toutes envies de gentillesse, tendresse et de sexe pour femmes et hommes. On peux aussi remplacer les gens par des robots.

    • Lisbeth Salander le 27.11.2018 12:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

      @Yong Tchi Trumpf

      Rien à voir

  • fifi le 27.11.2018 10:16 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'ai rien dit

    Ya plus de harcèlement la nuit tout le monde dort et la journée les employés sont à 2 de tensions et sont sur leur smartphone.