Salaire minimum

01 février 2011 19:21; Act: 01.02.2011 19:59 Print

Le Grand Conseil recommande de voter non

Le Grand Conseil vaudois ne souhaite pas l'instauration d'un salaire minimum cantonal.

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Par 73 voix contre 63, une majorité des députés a recommandé mardi de rejeter l'initiative de l'extrême gauche et des syndicats, soumise prochainement en votation.

Les députés ont longuement débattu de l'initiative «Pour le droit à un salaire minimum» alors que les fronts sont figés depuis longtemps. Libéraux, radicaux, UDC et Alliance du centre critiquent cette «vaudoiserie supplémentaire» qui pénaliserait selon eux les entreprises locales. Ils préconisent d'attendre l'initiative lancée au niveau national par l'Union syndicale suisse.

La droite s'inquiète en outre du risque que les conventions collectives de travail (CCT) existantes soient abrogées au profit d'un salaire minimum inférieur. Comme le Conseil d'Etat, les opposants à l'initiative estiment que le dialogue social et la négociation de CCT sont plus efficaces pour défendre des revenus décents.

A gauche toute, socialistes et Verts ont pour leur part rappelé qu'en Suisse, 60% des salariés travaillent dans des branches où il n'y a pas de salaire minimum garanti. Un travailleur sur dix gagne moins de 3000 francs pour un plein temps.


Contre la sous-enchère

L'expérience des pays ayant introduit un tel plancher - Etats- Unis ou Grande-Bretagne par exemple - montre une amélioration générale des salaires. Un salaire minimum constitue le meilleur moyen de lutter contre la sous-enchère salariale dans les secteurs non conventionnés, estime la gauche.

Des initiatives semblables ont en outre été lancées dans d'autres cantons, comme Genève, le Jura, le Tessin et le Valais. Vaud ne serait donc pas isolé, ont souligné les partisans du salaire minimum. Et si une telle disposition est acceptée au niveau national, elle se substituera à la réglementation cantonale.

Le texte vaudois, déposé en été 2008, avait été dans un premier temps invalidé par le Grand Conseil, en novembre 2009. Les initiants ont recouru auprès de la Cour constitutionnelle. Cette instance leur a donné raison sur la base d'un jugement du Tribunal fédéral concernant le texte genevois. Les Vaudois auront donc le dernier mot, probablement le 15 mai.

(ats)