Rupture d'un barrage au Brésil

05 février 2019 17:16; Act: 05.02.2019 17:35 Print

Le Grand Conseil vaudois fait «un geste, pas plus»

Le Grand Conseil vaudois souhaite que le Conseil d'Etat débloque une aide financière pour les victimes de la catastrophe de Brumadinho au Brésil.

Sur ce sujet
Une faute?

Le Grand Conseil vaudois a voté mardi une résolution de solidarité avec les victimes de la catastrophe de Brumadinho, au Brésil. Il souhaite que le Conseil d'Etat débloque une aide financière, sans chiffrer le montant.

La rupture, le 25 janvier dernier, d'un barrage rempli de résidus miniers a fait 134 morts et près de 200 disparus, selon un bilan provisoire. Or Vale, l'entreprise qui exploite la mine, a son siège depuis plusieurs années dans le canton de Vaud, à Saint-Prex.

A gauche comme à droite, les députés unanimes ont exprimé leur compassion et leur empathie à l'égard des victimes. Mais ils étaient fortement divisés sur la question d'une responsabilité morale du canton. Au final, la résolution a été votée de justesse, par 74 voix contre 70, avec l'appui de la gauche (PS, Vert et Ensemble à Gauche) de l'Alliance du Centre et des Vert'libéraux.

Récupération politique

«Il est de la liberté de chacun de s'engager. Et il est de la responsabilité de l'Etat brésilien de délivrer les autorisations d'exploiter les mines et de veiller aux contrôles», a relevé Grégory Devaud (PLR), qui estime que cette résolution est une «tentative de récupération politique».

«Il s'agit d'un geste, pas plus. Un geste moral, sans aucune reconnaissance de responsabilité», a fait valoir Jean-Michel Dolivo (Ensemble à Gauche), qui a déposé la résolution.

Exonérations fiscales

Plusieurs élus de gauche ont rappelé que le canton profite de la domiciliation de Vale. «L'entreprise a bénéficié pendant des années d'exonérations fiscales et Vaud de la création d'emplois sur son territoire», a rappelé Vassilis Venizelos (Verts).

«Le 25 janvier, ce n'était pas un simple accident», a dénoncé Carine Carvalho (PS), binationale franco-brésilienne. «Nous ne pouvons pas nous en laver les mains». «Vaud a une obligation morale», a renchéri Jérôme Christen (Alliance du Centre).

Pas responsable

Au nom du gouvernement, le conseiller d'Etat Philippe Leuba a expliqué qu'il pourrait soutenir la résolution s'il ne s'agissait que de montrer sa «solidarité, point à la ligne». Mais que le Conseil d'Etat ne saurait être tenu responsable d'une catastrophe dans laquelle il n'a pris aucune décision.

Pour l'instant, personne ne peut établir les responsabilités dans ce drame. Il appartient aux autorités compétentes, au Brésil, de les établir. «C'est comme ça qu'on respecte les victimes», a-t-il dit.

Deux interpellations

Le dossier reviendra ces prochaines semaines au menu du Grand Conseil vaudois. Vassilis Venizelos a déposé une interpellation sur la question des déductions fiscales, notamment sur la possibilité pour l'entreprise de déduire les sanctions financières à caractère pénal. Un troisième texte de Vincent Keller (Ensemble à gauche) pose une série de questions au Conseil d'Etat.

(nxp/ats)