Technologie

10 mai 2012 21:58; Act: 10.05.2012 22:18 Print

Le Swiss Made, laboratoire du sport d'élite

par Abdoulaye Penda Ndiaye - Une start-up d’Yverdon va rendre le tir à l’arc plus attrayant à la TV. La science helvétique se déploie dans toutes les disciplines.

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A l’heure de la bataille de l’audimat, des sports qui n’ont pas l’envergure du foot, de l’athlétisme ou du tennis doivent redoubler d’imagination pour attirer le public. Pour le tir à l’arc, la solution pourrait peut-être venir de Tabrasco, une start-up basée au Parc scientifique d’Yverdon (VD). «Nous avons lancé un capteur qui mesure les fréquences cardiaques des athlètes en mouvement sans les gêner», annonce Xavier Veuthey, de Tabrasco. Témoins de la montée d’adrénaline de l’archer, les variations du rythme cardiaque pourront ainsi être vues par les téléspectateurs.

Testé en finale

La solution a été montée en collaboration avec la Haute école d’ingénierie et de gestion du Canton de Vaud. «Les délais étaient trop courts pour les JO de Londres. Mais on va expérimenter ce projet en septembre à Tokyo, lors de la finale de la Coupe du monde», affirme Tom Dielen, secrétaire général de la Fédération internationale de tir à l’arc.
La start-up va également gérer un logiciel utilisé par les 28 sports olympiques aux JO de Londres et à ceux de Rio, en 2016. Le programme permettra aux fédérations de partager avec les organisateurs les incidents liés aux Jeux. «Toutes les solutions vont être archivées et pourront servir aux organisateurs des prochains grands événements sportifs», commente Xavier Veuthey. Aux JO de cet été, un autre logiciel de Tabrasco va permettre l’homologation du matériel des nageurs à Londres.

Vidéo sur la ligne de but

Entre la technologie suisse et les sports, c’est une longue histoire qui se poursuit depuis les débuts du chronométrage. «Une de nos technologies permet à l’UEFA d’évaluer ses arbitres», explique Jean-Marie Ayer, de Dartfish. Cette entreprise fribourgeoise qui collabore avec l’EPFL est à l’origine de la technologie qui compare le mouvement et la trajectoire de deux sportifs, notamment de skieurs, lors de retransmissions TV. Parmi ses clients, une centaine de fédérations et le CIO. Autres exemples: la firme valaisanne Myotest, qui calcule la force à l’entraînement (au service de 280 athlètes à Pékin 2008) ou la vidéo sur la ligne de but va révolutionner le football. Grâce au Laboratoire suisse d’essai des matériaux et de recherche.