Suisse/Indonésie

11 février 2019 19:58; Act: 11.02.2019 19:58 Print

Le Vaudois incarcéré en Papouasie vit un enfer

Détenu depuis août 2018 en attendant son procès pour trahison, J. S. serait frappé et menacé dans sa cellule, sous les yeux des gardiens complaisants.

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Coups de poings à travers les barreaux, menaces de mort explicites: le Lausannois de 39 ans incarcéré dans la province indonésienne de Papouasie a reçu des visites inquiétantes fin janvier dans sa cellule d'un centre de détention de la police à Wamena. J. S. a lancé un véritable appel au secours à l'agence de presse AP, qui a publié samedi des extraits de sa lettre manuscrite de deux pages. «Ce qui m'a frappé, c'est l'indifférence totale des gardiens, écrit-il. Je me demandais même s'ils n'allaient pas leur ouvrir les portes de notrecellule pour leur permettre de nous harceler à l'intérieur ou de nous emmener.» Selon le Vaudois, ces agresseurs étaient des membres d'une milice paramilitaire indonésienne. Leurs coups s'ajoutent à des conditions de détention déjà pénibles, entre l’exiguïté des cellules, l'unique repas quotidien et la saleté de l'eau.

Les forces de l'ordre du district de Jayawijaya ont fait la Une des médias du monde entier ce lundi, à cause d'une méthode d'interrogatoire inhumaine, qui consiste à utiliser un énorme serpent pour forcer les suspects à parler. Il faut dire qu'un grave conflit oppose le gouvernement indonésien et les populations autochtones de Papouasie. Des ONG dénoncent régulièrement les abus commis par les autorités dans cette partie de l'île, sous le contrôle de Jakarta depuis 1963. Mais dans le cas de J. S., le responsable de la police régionale Tonny Ananda nie tout mauvais traitement et déclare que les responsables «font de leur mieux» pour satisfaire les demandes du détenu. «Il est toujours mécontent et invente de mauvaises histoires pour discréditer la police indonésienne», ajoute l'officier.

Le Polonais d'origine, installé en Suisse depuis des années, a été arrêté l'été dernier. Il est accusé de comploter avec des indépendantistes papous. Le Vaudois a toujours nié toute implication dans ce réseau. Selon ses proches, J. S. est peut-être un touriste en mal d'adrénaline, mais pas un militant politique. Son procès est en cours. L'acte d'accusation retient des discussions avancées sur Messenger entre J. S. et un leader séparatiste papou. Le Polonais se serait proposé pour trouver des armes à feu. De la pure manipulation digne d'un procès politique, se défend-il. S'il est condamné, il pourrait passer au moins 20 ans en prison.

(frb)