Lausanne (VD)

23 janvier 2015 15:47; Act: 23.01.2015 16:50 Print

Le jeune qui a tué un père de famille écope de 14 ans

Le président du Tribunal criminel de Lausanne a estimé que la responsabilité du jeune homme qui a ôté la vie à un père de famille cap-verdien est «écrasante».

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Le jeune homme qui a poignardé à mort un Cap-Verdien en 2012 à Lausanne a été condamné vendredi à quatorze années de prison pour meurtre. Le président a jugé sa culpabilité «écrasante». L'avocat de la défense a déjà annoncé qu'il ferait appel.

Devant le Tribunal criminel de Lausanne, le procureur avait requis treize années de prison contre le meurtrier d'un père de famille de 32 ans. Mais le président est allé plus loin. Et d'expliquer que ce crime «révoltant et odieux» a plongé une famille «dans le plus complet désarroi».

Le magistrat a tenu à souligner la «lâcheté» du meurtrier, un jeune Suisse aujourd'hui âgé de 20 ans. Son attaque a surpris toutes les personnes présentes ce 4 août et il a continué de poignarder sa victime lorsque celle-ci était à terre.

Peur des Cap-Verdiens

Devant la cour, l'agresseur a toujours peiné à expliquer son acte. Cette nuit d'été, il traîne avec des amis en ville après avoir écumé des discothèques lausannoises. Il a bu, pris de la cocaïne quand il rencontre un groupe de Cap-Verdiens. Une communauté qui lui fiche «la trouille» depuis une précédente bagarre avec quelques-uns de ses membres.

Soudainement, une simple histoire de briquet dans laquelle il n'est pas pris à partie dégénère. Il sort alors un cran d'arrêt de son sac, puis saute littéralement sur un Cap-Verdien s'approchant de lui. Il lui assène plusieurs coups de couteau, notamment au thorax. La victime, père de deux enfants, succombera en plein centre-ville de ses blessures.

Raisons futiles

Pour le président, les raisons qui ont mené le jeune à sortir son couteau sont «d'une futilité déconcertante». Le condamné n'était pas menacé et n'était pas victime d'un climat de violence des nuits lausannoises, a-t-il estimé. «Mais il en a été un contributeur».

Le meurtrier, boxeur talentueux, avait déjà eu des déboires avec la justice des mineurs. Il avait notamment été condamné pour lésions corporelles simples et comptait déjà plusieurs bagarres à son actif. A sa décharge, la cour a retenu une légère diminution de la responsabilité pénale liée à la prise de substances psychoactives, ses excuses et sa collaboration durant l'enquête.

Reste que de l'avis de son avocat, Stefan Disch, la peine est trop lourde. Et d'annoncer dès la sortie du tribunal que son client fera appel.

Deux comparses

Dans cette affaire, deux autres individus déjà connus de la justice et qui ont pris la fuite avec l'agresseur après les faits, étaient également jugés. Tous deux âgés de 25 ans ont été notamment condamnés pour entrave à l'action pénale et empêchement d'accomplir un acte officiel.

Ils ont aidé le meurtrier à cacher son couteau et le pull qu'il portait au moment du crime. L'un, un ressortissant espagnol, écope d'une peine privative de liberté de trois ans, l'autre, Irakien, d'un an.

Le meurtre de ce Cap-Verdien avait été suivi d'une marche blanche dans la capitale vaudoise alors pointée du doigt pour ses nuits agitées. Plus de 400 personnes y avaient pris part.

(ats)