Tribunal de Lausanne

11 mai 2012 18:15; Act: 11.05.2012 18:36 Print

Le passeur de bijoux écope de 5 ans et demi

Un Géorgien de 43 ans a été condamné vendredi à 5 ans et demi de prison et à 180 jours-amendes à 10 francs par le Tribunal correctionnel de Lausanne.

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Une partie du butin qui avait été retrouvé dans le véhicule du passeur accusé de travailleur pour le grand banditisme géorgien. (Photo: Police de Lausanne)

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Entre octobre 2006 et avril 2008, il a exporté en Géorgie 51 véhicules en y dissimulant des bijoux et d'autres objets volés. Les juges l'ont reconnu coupable de recel et blanchiment d'argent par métier, ainsi que de participation à une organisation criminelle d'envergure internationale. La Cour a acquis la conviction que le transporteur «n'était pas un simple subalterne» mais un «maillon essentiel», puisqu'il organisait le rapatriement des objets volés par plusieurs cambrioleurs géorgiens.

Le condamné a «agi par cupidité et sans le moindre scrupule», a souligné le tribunal, sa culpabilité est extrêmement grave. Niant l'essentiel des faits qui lui sont reprochés, l'homme a fait mauvaise impression à l'audience. Les juges ne lui ont trouvé aucune circonstance atténuante.

Douze kilos en un voyage

Le 23 avril 2008, ce ressortissant géorgien a été interpellé alors qu'il s'apprêtait à quitter la Suisse. Dans sa voiture étaient dissimulés 900 bijoux, totalisant près de 12 kilos, ainsi que plus de 13'000 francs suisses et 5000 euros. Son ADN a été retrouvé sur deux emballages dissimulés dans un des appuie-tête de la voiture.

Selon l'enquête, le condamné a effectué de nombreuses autres exportations de véhicules «chargés» en Géorgie pour le compte d'une organisation criminelle. Achetant les bijoux au prix de 14 francs le gramme d'or, il les revendait pour 20 dollars le gramme.

Important préjudice

L'homme a remis d'autres objets, dont des montres, aux familles de ses clients en Géorgie. Chaque voyage lui aurait rapporté entre 2000 et 4000 francs. Sa maîtresse, qui tenait la comptabilité de son activité et réceptionnait parfois la marchandise volée, a été jugée séparément.

Parmi les 900 pièces saisies, seules 285 ont pu être restituées à leurs propriétaires grâce à un «énorme travail de la police», a dit le tribunal. La provenance des autres bijoux n'a pas pu être établie et ils ont été confisqués. Ces objets ont été dérobés au cours de 27 cambriolages, pour un préjudice total de 350'000 francs.

(ats)