Bienne (BE)

29 janvier 2020 08:02; Act: 30.01.2020 15:40 Print

Le patron de Swatch inflige son cigare aux employés

par Frédéric Nejad Toulami - Malgré la loi fédérale contre la fumée passive et des critiques, Nick Hayek fume partout dans sa société même en présence de ses collaboratrices et collaborateurs.

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Face à nos questions, le service de presse de la société de Nick Hayek nous a envoyé cette image à droite, extraite d'un défilé lors du carnaval bâlois... (Photo: keystone/dr)

Une faute?

«Au Faubourg du Lac, il fume son cigare dans tout le bâtiment. C’est une atteinte à la santé d’autrui.» «Il n’en a rien à foutre de nous, alors que l’employeur a le devoir de protéger la santé des employés.» Ces messages illustrent le ras-le-bol qui s’affiche sur des réseaux sociaux parmi des collaboratrices et collaborateurs de Swatch Group à Bienne (BE).

Même en présence de femmes enceintes

Celui qui cristallise les critiques n’est autre que Nick Hayek. Grand patron de l’entreprise horlogère, le sexagénaire est un aficionado de gros cigares bien odorants. Comme le chantait Serge Gainsbourg, «Dieu est un fumeur de havane», mais Nick Hayek ne se gêne pas pour le faire en public, aussi bien dans son bureau qu’en salle de réunion ou à la cafétéria du siège biennois de son groupe. Un événement récent a fait jaser à l’interne: lors d’un apéro de Noël de l'entreprise, des fumeurs de clopes n'ont pas hésité à s’en griller une, encouragés par l'attitude de leur patron, alors que des collègues enceintes étaient présentes. Avertis, les RH n’osent rien faire, selon une source interne.

Nos questions? «Digne du carnaval»

Un actionnaire se souvient aussi d’assemblées générales de Swatch où Nick Hayek tirait sur ses havanes, sans se soucier des gens présents, ni de sa propre soeur, présidente du Conseil d'administration, agitant ses bras de dégoût. Contacté, son service de presse a estimé que nos questions relevaient d’une «galéjade inspirée de la période de carnaval, vu les vrais problèmes qui agitent le monde, comme le coronavirus, les changements climatiques, le franc suisse extrêmement fort et les tensions au Moyen-Orient».

Si l’Office bernois des affaires économiques refuse de fournir des indications sur des cas précis, il assure prendre toutes les mesures adéquates en cas de violation. En 2019, il dit avoir agi dans deux affaires. Quant à Françoise Favre, cheffe du Service vaudois de l’emploi, elle souligne que la loi impose aux employeurs de protéger les travailleurs; il doit ainsi éviter d’exposer les collaborateurs à la fumée passive.

(fnt)