Vaud

08 octobre 2018 15:33; Act: 08.10.2018 17:19 Print

Le père incestueux reconnaît presque tout

L'appel du quadragénaire condamné pour avoir abusé et frappé ses huit enfants durant onze ans a été rejeté. Le père incestueux reste condamné à 18 ans

Voir le diaporama en grand »

Sur ce sujet
Une faute?

Le Tribunal cantonal vaudois a entièrement validé lundi la décision des juges d'Yverdon-les-Bains. Les aveux ambigus formulés par le Vaudois de 42 ans et sa barbe hirsute rasée n'y auront rien changé. La Cour d'appel pénale a confirmé lundi la condamnation rendue fin mars par les juges de première instance: 18 ans de prison, pour inceste, viol, contrainte sexuelle, pornographie, lésions corporelles simples et violation du devoir d'éducation à l'encontre de ses enfants.

«J'en ai marre de tout ça: je n'ai plus envie de me battre, plus envie de vivre», a déclaré le Vaudois lundi. «Que je dise la vérité ou pas, ça ne change rien, on ne me croit pas. Alors je préfère dire que j'ai fait tout ça». Et de saluer «le courage» de ses enfants d'avoir déposé contre lui.

Contrairement à la déclaration d'appel rédigée par ses avocats, il dit admettre la quasi-intégralité des accusations dont il fait l'objet. A l'exception d'un viol présumé sur une de ses filles, il y a deux ans, dans un hôtel de Moudon (VD).

«L'absence totale de remise en question montre que ces aveux ne sont pas ressentis et justifient la peine exceptionnelle de 18 ans qui sera confirmée», a déclaré la présidente du tribunal Sandra Rouleau.

Condamné pour inceste

En première instance, en mars dernier, l'homme avait été reconnu coupable d'inceste, viol, contrainte sexuelle, pornographie, lésions corporelles simples et violation du devoir d'éducation à l'encontre de ses enfants.

Condamné à 18 ans de prison par le Tribunal criminel de la Broye et du Nord vaudois, le père abuseur au risque de récidive jugé élevé était seul à comparaître lundi. Son épouse du même âge a accepté sa peine de 3 ans de réclusion - dont six mois ferme - pour complicité d'inceste et pour avoir lourdement frappé ses enfants. La sanction de cette mère de famille avait été assortie d'une obligation de suivi, ainsi que d'une interdiction d'activités avec des mineurs.

Retard intellectuel

Rentier AI depuis ses 20 ans en raison d'un retard intellectuel, le recourant - qui avait traité ses enfants de menteurs au cours du premier procès - a été interrogé par la présidente Sandra Rouleau.

Mandaté comme expert par le Conseil d'Etat, l'ancien juge fédéral Claude Rouiller a présenté il y a deux semaines un rapport révélant de graves manquements du Service vaudois de protection de la jeunesse (SPJ) et de la justice de paix dans cette affaire. Une curatelle d'assistance éducative avait été mise en place pour tous les enfants du couple depuis 1997. Elle n'a pas suffi à les protéger.

(ats)