Vaud

12 juin 2019 21:06; Act: 12.06.2019 22:15 Print

Le stalking, acte difficile à établir en justice

par Pauline Rumpf - Un ponte romand de l’immobilier est jugé pour stalking, accusé par son ex. Ce type de harcèlement est difficile à établir car il ne constitue pas en lui-même une infraction.

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La répétition de messages ou d'appels non sollicités peut par exemple constituer un aspect du stalking. (Photo: Keystone)

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«Tu as choisi un collègue mais tu as eu tort. Ta vie et celle de ton enfant en dépendent.» C’est un passage d’une lettre reçue en avril 2018 par Gisèle*, une Vaudoise de 33 ans. Elle provient de Pierre*, 48 ans, son ex et ancien collègue, par ailleurs ponte de l’immobilier romand.

Entendu hier au Tribunal de police de Nyon, il est accusé d’avoir harcelé Gisèle sous forme de messages et de lettres anonymes, d’avoir rayé sa voiture et fait des rondes dans son quartier pour la surveiller et identifier les hommes vus en sa compagnie. Des messages à ses proches lui sont aussi reprochés. Plus inquiétant encore, Pierre a rodé devant chez elle avec, dans son coffre, «une batte de baseball, un pistolet d’alarme, des ligatures et du gros scotch», selon la justice.

«C’est vrai, mais c’est un hasard. Il n’y avait aucune intention de faire du mal», a précisé Me Yann Oppliger, l’avocat de Pierre, rappelant le mal-être de ce dernier après la rupture. Il n’en est sorti qu’après un mois de détention et une thérapie.

Gisèle raconte sa peur pour elle et sa fille de 7 ans. «Quand je l’ai quitté, il a perdu la raison. Il avait l’habitude de tout maîtriser.» Elle a perdu du poids et le sommeil et a dû tout faire pour l’éviter. Pas de quoi condamner tout excès lié à une rupture: c’est inhérent à la nature humaine, a plaidé Me Oppliger. Un accord a été trouvé au civil, et le verdict pénal sera rendu bientôt. Le Ministère public a requis 8 mois de prison avec sursis.

* Prénoms d’emprunt