Drame d'Epalinges

07 mars 2011 17:27; Act: 07.03.2011 18:27 Print

Les peines des assassins confirmées

La Cour de Cassation vaudoise a confirmé lundi les peines infligées aux deux cambrioleurs qui ont battu à mort un retraité à Epalinges, fin 2008.

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Un des cambrioleurs écope de la prison à vie, l'autre d'une peine globale de 16 ans de réclusion, dont 14 ans et demi pour l'agression d'Epalinges.

La différence entre les deux peines n'est «nullement choquante». Les juges de première instance ont apprécié l'affaire «de manière correcte et individualisée», a estimé la Cour qui a rejeté les recours des deux hommes condamnés pour assassinat et brigandage.

L'un des comparses, un Suisse de 24 ans, bénéficie d'une peine moins sévère en raison de ses aveux spontanés, de ses regrets et de son repentir sincère. Contrairement à son acolyte, il ne s'est pas déchaîné sur la victime, un ancien restaurateur de 67 ans.

Peine globale

Il écope ainsi d'une peine globale de 16 ans de prison: 14 ans et demi pour sa participation à l'assassinat d'Epalinges, plus la révocation du sursis de deux peines de neuf mois de prison infligées en 2008. La Cour a accepté un recours technique du Parquet qui requalifie plus précisément la peine.

Pour les juges cantonaux, l'homme s'est rendu coupable d'un assassinat, et non d'un meurtre. Il ne s'est certes pas acharné sur la victime, mais il a laissé faire son comparse, s'accommodant du résultat, c'est-à-dire la mort du retraité.

Arguments balayés

La Cour a balayé tous les arguments du recours du second agresseur, un Albanais de 29 ans, qui nie toute implication dans le drame. Le tribunal cantonal a fait sienne «l'analyse complète et convaincante des premiers juges» et a rappelé que plusieurs témoignages mettaient en cause l'accusé, dont celui de la veuve de la victime.

A juste titre, le tribunal criminel de première instance a refusé de soumettre l'intéressé au détecteur de mensonges, «un moyen de preuves irrecevable et pas fiable», ont dit les juges cantonaux. A leurs yeux, la peine privative de liberté à vie se justifie.

Recours probable

Un recours est probable au Tribunal fédéral. «Je pense que nous recourrons», a déclaré à chaud Me Jean Lob, avocat de l'homme condamné à la prison à vie. Me Mathias Burnand, défenseur de l'autre accusé, voulait en discuter avec son client avant de se prononcer.

Les avocats ont regretté que l'affaire n'ait pas pu être jugée sous l'angle du nouveau code de procédure pénale, entré en vigueur en 2011. «Cela aurait permis un procès en appel. D'autres juges auraient revu le cas. Il est nécessaire qu'un accusé ne soit pas jugé par un seul tribunal dans une affaire d'une telle importance», a dit Me Lob.

(ats)