Lausanne

20 août 2019 07:54; Act: 20.08.2019 11:12 Print

Libéré après une étrange affaire de viol présumé

par Christian Humbert - Un Afghan a été incarcéré sur la base des dires d'une plaignante. Mais, faute de preuves, il a été remis en liberté.

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Lhomme a passé un mois en détention, «à tort» selon son avocat. (Photo: Patrick Martin/24 heures)

Une faute?

L’histoire débute comme n’importe quelle rencontre d’un soir. Fin mars, une femme a abordé un homme et l’a invité chez elle. Mais ensuite, les versions divergent.

«Il m’a violée toute la nuit avant de partir en me laissant son numéro de téléphone», a expliqué la femme dans sa plainte, déposée cinq semaines plus tard. «Nous avons eu des relations consenties», s’est défendu l’accusé, un Afghan sans domicile ni travail, au bénéfice d’un permis B.

Les faits dénoncés évoquent des gifles, des menaces, des insultes. Et des relations forcées, vaginales et anales. Or son colocataire n’aurait rien entendu et n’aurait remarqué aucune marque sur le visage de la plaignante. Les médecins qui l’ont auscultée bien après cette nuit de mars ont eux aussi fait part de leurs doutes. La victime présumée les a traités de «rigolos».

Entre-temps, le trentenaire a été arrêté, sur la base des dires de son accusatrice dont le témoignage avait d’abord été jugé crédible. Si son psychiatre était aussi de cet avis, son médecin traitant s’est montré plus dubitatif. Et son ancien petit ami, qui a entretenu des relations avec la plaignante peu après les faits dénoncés, n’a constaté aucune lésion.

Indemnité pour ce mois en détention

«Scandalisé» par cette arrestation, Me Cédric Matthey a obtenu la libération de son client, détenu un mois à tort selon lui. Il va d’ailleurs réclamer une indemnité de 200 francs par journée de prison.

L’enquête pourrait aboutir à un classement, contre lequel la plaignante pourra toujours faire recours.