Procès à Lausanne

01 juin 2011 14:51; Act: 01.06.2011 15:10 Print

Neuf mois ferme pour le médecin abuseur

Le Tribunal correctionnel de Lausanne a condamné mercredi un médecin de 53 ans à deux ans et cinq jours d'emprisonnement, dont neuf mois ferme. Le Ministère public était moins sévère.

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Entre 1995 et 2007, l'homme a commis plusieurs actes sexuels sur deux patientes violées dans leur enfance.

Le soignant a été condamné pour actes d'ordre sexuel sur une personne incapable de discernement ou de résistance. La peine est assortie d'une interdiction de cinq ans d'exercer toute activité de type psychothérapeutique. Le Ministère public avait requis six mois de prison ferme. La défense avait demandé l'acquittement.

Culpabilité lourde

Le jugement souligne le «comportement grave» de ce «généraliste prétentieux», qui «a miné toute appréciation normale de la situation» chez ses victimes en les rendant dépendantes de lui, en les isolant de leur entourage et effectuant un véritable «lavage de cerveau».

Se livrant à une psychothérapie «dévoyée et pervertie», mettant en place des actes symboliques «complètement insensés», il a adopté un comportement faisant penser à «un chef de secte». Pour les juges, sa culpabilité est «lourde».

Relations de dépendance

Devant la Cour, le médecin a admis les faits qui lui sont reprochés tout en affirmant avoir agi dans un strict but thérapeutique. Il s'est dit conscient d'avoir commis de «graves erreurs», et a expliqué avoir «dépassé le cadre médical» et s'être «trop investi» dans la relation avec ses patientes.

Après une formation de deux ans en psychiatrie, le généraliste a entrepris avec ses deux victimes un traitement psychothérapeutique. Pour «extirper le mal de leur corps», il s'est livré à de graves attouchements sexuels. Ces «actes symboliques», qui ne se fondaient sur aucune indication médicale, étaient guidés par «son ressenti».

A l'audience, le médecin, qui exerce à nouveau après une suspension de six mois, a assuré n'avoir jamais commis d'autre acte sexuel sur les 50'000 patients qu'il estime avoir connus au cours de sa carrière de 26 ans. Il a jugé ce procès «excessif», rappelant notamment qu'il «n'y a pas eu mort d'homme».

(ats)