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Lausanne
21 mai 2013 22:17; Act: 22.05.2013 09:32 Print
Nouveau couac face à un violeur récidiviste
par Joël Espi - Le procès d'un pervers a eu lieu mardi, quatre ans après les faits. Le président du tribunal a critiqué la lenteur de l'enquête.
Violeur récidiviste, il s'est présenté libre au tribunal, mardi. Face à cet Algérien de 43 ans, jugé pour l'agression sexuelle d'une jeune fille en 2009, le président Pierre Bruttin n'a pas caché sa colère. Il y a quatre ans, lorsque l'adolescente avait croisé sa route, le prévenu avait déjà violé son ex-épouse et agressé une femme qui avait refusé ses avances.
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«Merci de permettre aux violeurs de continuer de violer ou tuer.» Ce message, qui fait référence au meurtre de Marie, a été collé sur les portes du Tribunal des mesures de contrainte et d’application des peines, hier à Renens (VD). Rapidement retirées, ces affichettes accusatrices ont créé un certain malaise au sein de l’administration vaudoise. «Le Tribunal cantonal n’entend pas réagir à de tels actes», nous a-t-il simplement fait savoir, mardi.
C'est entre deux passages en prison qu'il avait fait une nouvelle victime. Alors que le spectre de l'affaire Marie planait sur les débats, Pierre Bruttin a fustigé les lenteurs de la procédure. «Il y a des soucis de priorités dans ce parquet», a-t-il lancé à l'adresse du ministère public.
Durant les quatre ans qu'a duré la procédure, le violeur a eu le temps de ressortir de prison et de se remarier. Cette lenteur lui a même profité mardi, puisqu'il a écopé d’une condamnation «à la limite de la clémence», selon les termes du président: 3 ans et demi ferme pour viol. La longueur démesurée d’une enquête est en effet considérée comme une circonstance atténuante. «Sans les éléments à décharge, une peine de cinq ans aurait été envisagée», a encore indiqué Pierre Bruttin.
Dernier motif d'agacement pour le président: le violeur n'a jamais quitté la Suisse alors qu'il faisait l'objet d'une procédure de renvoi. La loi ne permet pas d'expédier de force un Algérien dans son pays. «Il a tout fait pour rester en Suisse, a déploré le magistrat. A sa sortie, il fera ce qu'il veut», a-t-il ajouté après l’audience.










