Manifs à Lausanne

24 mars 2011 14:22; Act: 24.03.2011 18:05 Print

Pluie d'amendes sur les autonomistes

par Raphaël Pomey - Depuis le début de l'année, les «douloureuses» s'abattent sur les participants à divers rassemblements anti-capitalistes et anarchistes.

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Les images d'une manif en mémoire du détenu Skander Vogt, en mai 2010 à Lausanne.

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La ville de Lausanne entend-elle serrer la vis à ses vilains canards anars? Depuis le début de l'année, de nombreux jeunes issus de l'ultra-gauche ont reçu des amendes d'un environ cent francs.

Des rassemblements sous haute surveillance

Leur tort? S'être rassemblés en marge des défilés officiels du premier mai 2010, lors d'une manifestation à la mémoire du défunt détenu Skander Vogt quelques jours plus tard, ou encore lors d'une petite parade urbaine consécutive au déplacement du congrès national de l'UDC hors de Lausanne, à la fin de l'année. La manif anti-carcérale du mois de mai avait provoqué la mise sur pied d'un dispositif policier ultra-impressionnant. Quant au rassemblement anti-agrarien de décembre, il avait été suivi par plus d'une centaine de contrôles d'identité.

Déjà bon nombre d'oppositions

«La police a effectué trois services d'ordre, deux en mai, un en décembre», explique Jean-Yves Curty, premier président de la Commission de police de Lausanne. Ces amendes, explique-t-il, font suite à des contrôles d'identité effectués par les agents à l'occasion de ces événements. Il y a déjà eu «bon nombre d'oppositions», selon lui. «Des entretiens ayant lieu actuellement, je ne peux pas en dire plus.»

Objectif: se «réapproprier» la ville

Car les autonomes ne prévoient pas de se laisser «tondre» sans combattre: pour coordonner leurs recours, ils se donnent rendez-vous dimanche 27 mars à l'Espace autogéré de Lausanne, annonce le site indymedia.ch. Outre échapper à une amende, les militants souhaitent aussi étudier les différentes possibilités de se «réapproprier» la ville.

Pas les mêmes soucis pour les fans de foot

«Plusieurs jeunes sont déjà venus me voir pour savoir comment réagir», confie l'avocat et député Jean-Michel Dolivo. Il juge que ces «douloureuses» résultent d'une claire volonté de faire taire les jeunes visés. «Il faut évidemment faire opposition. Bien sûr, en théorie, il faut une autorisation pour manifester, mais on sait bien que les autorités savent fermer les yeux quand elles le veulent bien.» Il évoque à ce propos les manifs spontanées consécutives aux victoires au foot. «Il y a déjà aussi eu des blocages du centre-ville à cause de ce genre de choses, mais là ça ne dérange visibelement pas.»

«Je ne sais pas d'où elle vient, mais il y a clairement une volonté de réprimer des jeunes qui font simplement usages de leur droits démocratiques, conclut l'avocat.»