Procès à Lausanne

23 février 2011 13:49; Act: 23.02.2011 13:58 Print

Policier jugé pour une plaisanterie qui a dérapé

Le procès d'un policier s'est ouvert mercredi devant le Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

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Une faute?

L'ancien brigadier, aujourd'hui suspendu, est accusé d'abus d'autorité pour avoir déposé en pleine nuit un jeune homme près des bois de Sauvabelin. Verdict jeudi.

Le 8 février 2010, un ressortissant africain est emmené au poste, où il est fouillé. Comme rien ne peut lui être reproché, il est relâché. Le brigadier lui demande pourquoi il a fui à la vue de la police. L'intéressé rétorque en souriant qu'il aime courir.

L'agent lui propose alors de «l'emmener dans un endroit où il pourra s'adonner à ce sport». Direction la place des fêtes de Sauvabelin, où les policiers le déposent. Vers 03h00, l'homme, perdu, demande de l'aide au 117. Le message est entendu par un supérieur, qui demande des explications puis alerte sa hiérarchie.

Plaisanterie stupide

Le brigadier ne conteste pas les faits. Il admet «avoir commis une faute» mais estime que l'abus d'autorité n'est pas réalisé. «Qu'est-ce qui vous a pris de faire cette plaisanterie bizarre, de mobiliser une patrouille pour amener quelqu'un à 02h00 du matin près des bois de Sauvabelin», a demandé la présidente.

«J'ai manqué de recul. La plaisanterie était stupide», a admis l'accusé, ancien chef de patrouille à Police-Secours. Après une interpellation musclée, le contrôle au poste s'était déroulé dans une ambiance «détendue», selon les policiers entendus comme témoins.

On ne connaît pas la version des faits de la personne interpellée. Ce requérant d'asile anglophone n'a pas pu être retrouvé.

Autre affaire

L'accusé, âgé de 39 ans, est décrit comme quelqu'un de «droit et honnête, professionnellement exemplaire», a relevé un chef de section. «Lorsque j'ai appris les faits, j'ai eu beaucoup de peine à le croire. C'est une faute significative, qui a nui à l'institution. Car un procès était en cours pour une autre affaire».

Le chef de section fait référence au cas fortement médiatisé d'un jeune Erythréen qui affirmait avoir été déposé près de Sauvabelin et aspergé de spray au poivre début 2006. Les cinq policiers soupçonnés ont été acquittés en décembre dernier.

Le procès de l'ex-brigadier se poursuit mercredi après-midi avec le réquisitoire et les plaidoiries. Le verdict est attendu jeudi.

(ats)