Justice

27 janvier 2020 17:00; Act: 03.02.2020 11:13 Print

Attouchements sur une apprentie: policier puni

par Christian Humbert - Un policier a été condamné pour contrainte sexuelle sur une apprentie qu'il avait pris l'habitude de ramener après ses cours de krav-maga. Il a fait appel.

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(Photo: Screenshot tactical-life)

Une faute?

Elle suivait ses cours d'autodéfense mais ne pouvait pas frapper son moniteur et chauffeur. Cette apprentie d'une vingtaine d'année ne pouvait que refuser les avances sexuelles de cet homme, policier, en qui elle avait confiance. Et elle a fini par déposer plainte quand il est allé trop loin. C'est donc dans le rôle d'accusé de contrainte sexuelle qu'a comparu lundi à Vevey (VD) un agent de 36 ans, marié.

D'octobre 2016 et mars 2017, celui qui est aussi instructeur de krav-maga (auto-défense) a ramené la jeune femme à son domicile. Le policier l'a petit à petit interrogée sur sa vie privée avant de tenter de l'embrasser. La femme ne s'est pas laissé faire. Mais l'homme a continué de lui réclamer des «câlins». Elle a accepté «pour pouvoir rentrer chez moi et pour qu'il me lâche». Ils se sont régulièrement pris dans les bras. L'agent en a profité pour l'embrasser, promettant à chaque fois «qu'il résistera la prochaine fois».

Des baisers aux attouchements

Il est encore allé plus loin en mars 2017: il a emprunté un chemin différent pour se garer près d'un refuge. Il a glissé sa main sous son pull, tenté de caresser sa poitrine, baissé le siège et décroché le pantalon de sa passagère. La femme l'a repoussé. Le trentenaire l'a alors tirée hors de la voiture et maintenue de force en glissant sa main sous ses habits afin d'y placer ses doigts entre les jambes. «Comment t'arrives à résister. Laisse-toi faire», a-t-il répondu à ses vives demandes d'arrêter ses actes. Il a finalement abandonné et déposé la femme sur une aire de covoiturage.

«Le non d’une femme se respecte»

Le Procureur a requis 360 jours amende avec sursis. La défense a plaidé l'acquittement. Mais la présidente du tribunal n’a pas considéré, comme soutenu par l’instructeur de police, que l’apprentie mentait et qu’il ne s’agissait que d’un flirt consenti: «Le non d’une femme se respecte». Elle a retenu les versions constantes de la victime qui voulait devenir policière et qui se trouvait sous l’emprise de l’instructeur-chauffeur. La femme n’était pas d’accord qu’il la caresse et qu’il lui mette la main et un doigt sur ses parties intimes. «Vos excuses sont de pure façade. Vous vous êtes victimisé. Votre culpabilité est très lourde», a commenté la présidente. Le policier est condamné à quinze mois de prison avec sursis pour contrainte sexuelle. Huit mille francs sont alloués à la victime. Les frais s’élèvent à 19'000 francs.

Par la voix de son avocat, l'homme a fait savoir par la suite qu’une déclaration d’appel a été déposée.