Lausanne

16 février 2011 14:28; Act: 16.02.2011 14:32 Print

Procès d'un policier accusé d'abus d'autorité

Le procès d'un policier lausannois de 32 ans s'est ouvert mercredi devant le Tribunal d'arrondissement de Lausanne.

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Une faute?

En juillet 2009, il a asséné un coup de poing à un prévenu alors que ce dernier était attaché sur un lit de contention dans une cellule.

C'est suite à des insultes à caractère sexuel visant ses deux filles que le jeune père de famille n'a pu se retenir de frapper son interlocuteur. Il est accusé d'abus d'autorité. Le jugement sera rendu jeudi.

Comportement agressif et insultant

Le 17 juillet 2009, le jeune homme interpellé fêtait ses 20 ans dans un bar de Lausanne. Fortement alcoolisé et suspecté d'avoir volé un porte-monnaie, il a été arrêté et conduit à l'Hôtel de Police de la Ville, puis placé dans un box de maintien.

En raison de son comportement particulièrement excité et parce qu'il se tapait la tête contre les murs, il a dû être placé sur un lit de contention. Deux heures plus tard, alors qu'il était parvenu à détacher son bras gauche, les policiers ont tenté de le ré- attacher.

Agressif et insultant, le jeune homme a craché au visage de l'accusé. Il a ensuite proféré des insultes à caractère sexuel à l'encontre des filles de l'agent, qu'il ne connaissait pas. Perdant ses nerfs, le policier lui a asséné un coup de poing, lui fendant la lèvre.

Aveux et excuses

Quelques minutes après les faits, le policier est allé se dénoncer de son propre chef à son supérieur. Il est ensuite retourné auprès du jeune homme pour lui présenter ses excuses. Sa hiérarchie a annoncé le cas à la justice, qui l'a poursuivi d'office. La scène a été enregistrée par une caméra de surveillance.

A l'audience, l'accusé s'est dit conscient d'avoir commis une faute. Il affirme avoir «pris du recul» depuis les faits, pour ne plus prendre personnellement les insultes dirigées contre sa fonction de policier. Jeune père n'ayant jamais été confronté à ce type d'insulte, il a expliqué avoir été «déstabilisé» et «pris par surprise», et n'avoir pas pu se contrôler.

Son supérieur, tout en condamnant son geste, l'a décrit comme un agent consciencieux, impliqué et volontaire. L'homme est à l'heure actuelle toujours employé au même poste à Lausanne. Son seul antécédent est d'avoir donné une tape derrière la tête d'un prévenu d'ivresse au volant qui se «fichait de lui» durant sa déposition.

(ats)