Vevey (VD)

28 janvier 2019 19:26; Act: 28.01.2019 21:05 Print

Ex-gérant de fortune, il arnaquait les riches

Un ex-gérant de fortune au train de vie démesuré avait grugé plusieurs personnes âgées et aisées. Il est jugé dès ce lundi.

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Le préjudice total retenu par le Ministère public central à l'encontre du prévenu s'élèverait à plus de 11 millions de francs. (Photo: DR/Photo d'illustration)

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Le procès d'un financier romand s'est ouvert lundi à Vevey. Après deux ans derrière les barreaux, l'homme doit répondre de gestion déloyale aggravée et d'escroquerie par métier. Le préjudice des huit lésés présumés a été estimé à plus de 11 millions de francs.

Un millionnaire octogénaire - héritier d'une famille d'industriels belges, à la tête d'une fondation basée au Liechtenstein - et sa seconde épouse, neuf ans plus jeune, font partie des lésés. Ils sont accompagnés de deux frères, jeunes retraités alémaniques et d'un médecin de Montreux, âgé d'une soixantaine d'année.

Un autre médecin établi sur la Côte vaudoise - alors à la veille de sa retraite et très fortuné -, son épouse ainsi qu'une amie du couple, toutes deux quinquagénaires, figurent encore parmi les personnes grugées.

Ces huit plaignants ont tous reproché à un ex-gérant de fortune, aujourd'hui âgé de 50 ans, de les avoir floués en ne remboursant pas les importantes sommes d'argent confiées (pour investir dans une société-vitrine du financier), ni la totalité des intérêts. La moitié d'entre eux ont cependant retiré leur plainte en cours d'enquête pénale, moyennant un règlement financier à l'amiable.

Plus de 11 millions de préjudice

Le préjudice total retenu par le Ministère public central à l'encontre du prévenu s'élèverait à plus de 11 millions de francs. L'homme a déjà passé deux ans derrière les barreaux en détention préventive. Son avocat Me Matthieu Genillod a obtenu sa libération conditionnelle en février 2017 après avoir recouru devant le Tribunal fédéral.

Lundi matin, l'homme de loi a invoqué et plaidé pas moins de neuf aspects de procédure qui nécessiteraient à ses yeux un renvoi des débats, voire fasse l'objet d'une nouvelle instruction par un autre procureur. Il a notamment dénoncé un «dossier artificiellement construit», «truffé de jugements de valeur», ne permettant pas de garantir à son client un procès équitable.

Acte d'accusation mammouth

«L'accusé a exploité l'inexpérience, la crédulité, la faiblesse d'esprit, la maladie mentale voire le décès prochain de plusieurs personnes, souvent d'âge avancé, pour les amener à lui prêter d'importantes sommes d'argent à titre privé», soutient pour sa part le procureur Anton Rüsch dans son acte d'accusation mammouth de 125 pages.

«Chaque nouvel emprunt servait essentiellement à payer - parfois partiellement - les intérêts d'emprunts antérieurs et à lui assurer un train de vie démesuré», avance le représentant du Parquet. Et de reprocher au gérant de fortune d'avoir «créé l'illusion d'une réussite totale pour lui permettre d'emprunter toujours plus».

Train de vie dispendieux

Seule certitude à ce stade du procès prévu toute cette semaine: le prévenu a largement vécu au-dessus de ses moyens entre 2008 et 2014. Son endettement personnel déclaré atteignait près de 15 millions de francs durant les mois précédant son incarcération.

En cause apparemment, des vacances dans des hôtels prestigieux, des repas dans des restaurants gastronomiques, le financement du leasing de son yacht, l'achat de voitures neuves, de bijoux ou de montres pour ses conquêtes successives.

(nxp/ats)