Vaud

08 juillet 2014 15:09; Act: 08.07.2014 15:56 Print

Procès du policier qui a grillé des feux rouges

En octobre 2011, un policier a commis plusieurs infractions à la loi sur la circulation routière (LCR), après un appel d'urgence de ses supérieurs.

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Le procès d'un policier trop pressé s'est ouvert mardi devant le tribunal de police de Lausanne. L'inspecteur de 29 ans cherchait à se rendre au plus vite au Centre de police de la Blécherette, sur les hauts de Lausanne, pour être mobilisé dans le cadre d'une filature. Au volant d'une voiture banalisée, il a brûlé deux feux rouges et commis un important excès de vitesse, sans faire usage de son feu bleu avertisseur.

Les faits remontent au 13 octobre 2011, vers 10h30. L'homme circulait entre Ecublens et l'Université de Lausanne lorsqu'il a été appelé à se rendre rapidement au Centre de la Blécherette, au Mont-sur-Lausanne, d'où il devait partir avec des collègues pour intervenir dans le cadre d'une opération relative à une livraison imminente d'héroïne.

Pris en chasse par d'autres policiers

Arrivé à un premier carrefour, il a contourné le véhicule se trouvant sur sa présélection et a brûlé un feu rouge. Deux policiers municipaux, qui stationnaient sur une autre présélection, ont enclenché leurs feux bleus et leur sirène et l'ont pris en chasse.

Poursuivant sa route, l'inspecteur a circulé à une vitesse estimée à 110 km/h par les policiers sur une route limitée à 60 km/h. Il a alors dépassé un véhicule en franchissant une ligne de sécurité. Au carrefour suivant, il a à nouveau franchi une ligne de sécurité pour dépasser des véhicules, et a grillé un nouveau feu rouge.

Nécessité de discrétion

Sur la route cantonale, 2,2 km après le début de la poursuite, l'homme s'est arrêté et a présenté sa carte aux policiers. Il a expliqué ne les avoir ni vus ni entendus durant la poursuite. Le cas a été dénoncé au Commandant de la police cantonale vaudoise, qui a transmis le dossier au Ministère public.

L'accusation reproche principalement à l'inspecteur de n'avoir pas fait usage de ses feux bleus. A l'audience, le commissaire adjoint de la police cantonale, qui a dirigé l'opération, a expliqué qu'il était justifié de rouler sans feux avertisseurs, pour éviter que les délinquants, qui résidaient dans l'ouest lausannois, ne repèrent la voiture banalisée.

Sentiment de trahison

Selon lui, l'inspecteur a respecté «les règles de proportionnalité», et la police ressent «un sentiment de trahison» dans cette affaire. Aucune directive n'imposait à l'époque d'utiliser des feux avertisseurs dans le cadre d'une opération de filature de trafiquants de drogue.

L'opération a permis une saisie record de 5 kilos d'héroïne. Le commissaire adjoint craint que cette affaire ne fasse jurisprudence. Une condamnation pénaliserait le travail de filature de la police.

Il avait écopé en 2013 de 10 jours-amende par voie d'ordonnance pénale, à laquelle il avait fait opposition. Le jugement sera rendu ultérieurement.

(ats)