Jeune décédé sur un chantier

01 février 2011 16:59; Act: 01.02.2011 17:12 Print

Quatre personnes sur le banc des accusés

Le procès de quatre professionnels de la construction s'est ouvert mardi devant le Tribunal correctionnel d'Yverdon-les-Bains.

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Quatre professionnels de la construction sont accusés d'homicide par négligence, en raison de la chute fatale d'un adolescent du toit d'un chantier en 2008 à Avenches.

Le jeune, alors âgé de 15 ans, venait de commencer un stage d'une semaine sur le chantier Nespresso pour se faire de l'argent de poche durant les vacances. Il avait été engagé pour aider aux travaux d'une société spécialisée dans l'étanchéisation des toits.

Adolescent livré à lui-même

C'est par l'entremise d'un des étancheurs, qui connaissait sa famille, que l'adolescent a été engagé dans l'entreprise. Le 19 juillet 2008, ils se sont rendus en voiture sur le chantier, accompagnés d'un autre ouvrier.

Arrivé sur place, vers 08h15, l'étancheur s'est occupé de divers travaux de déblaiement et de déchargement de matériel. Sur consigne du chef d'équipe, qui ne se trouvait pas sur place, il a envoyé les hommes qui étaient disponibles sur le toit du bâtiment.

L'adolescent a reçu l'instruction de se munir de l'équipement nécessaire et d'accompagner un employé temporaire sur le toit. Arrivé au sommet, il n'aurait reçu aucune instruction sur les tâches à effectuer et se serait retrouvé livré à lui-même.

Zone dangereuse

Sensé rester dans la zone sécurisée, il s'est rendu plusieurs fois dans une zone dangereuse, qui contenait des trous prévus pour des puits de lumière. Après avoir reçu plusieurs avertissements des ouvriers de quitter cette zone, vers 09h45, il est tombé dans un des trous, effectuant une chute mortelle de 40 mètres.

L'instruction devra déterminer les circonstances exactes du drame et la responsabilité de l'administrateur en charge des questions de sécurité, de l'étancheur, de l'employé temporaire qui a accompagné l'adolescent sur le toit et du chef d'équipe.

La législation fédérale interdit d'employer des jeunes à des travaux dangereux. Les juges devront aussi examiner si la société a violé dautres prescriptions visant les règles de sécurité à observer sur des chantiers. Le jugement tombera ultérieurement.

(ats)