Noyade d'un adolescent en Ardèche en 2004

02 décembre 2008 15:27; Act: 02.12.2008 15:34 Print

Reprise du procès de deux enseignants

Le procès de deux enseignants accusés d'homicide par négligence a repris mardi devant le Tribunal correctionnel de Vevey (VD).

Une faute?

En septembre 2004, un adolescent de 15 ans s'était noyé lors d'un camp d'initiation au canoë-kayak en Ardèche (F).

Ouvert en janvier 2008, le procès avait été suspendu suite à l'aggravation de l'accusation par le procureur général Eric Cottier, en raison du défaut de surveillance d'un des enseignants. La défense avait alors obtenu un complément d'enquête concernant les circonstances de l'accident.

Défaut de surveillance

Le drame s'est produit le jour de l'arrivée en Ardèche de la classe montreusienne de 16 adolescents. Surpris par le courant, l'élève a coulé à pic lors d'une baignade dans une rivière. Ses camarades n'ont rien pu faire pour le sauver.

Le maître de classe, qui se trouvait à plus de 70 mètres du lieu de la noyade, faisait des photos et discutait avec le chauffeur du car au moment du drame. Alerté par les cris des adolescents, il n'a pas pu intervenir à temps.

Pas de deuxième surveillant

L'accusation lui reproche de n'avoir prévu aucun autre surveillant compétent. Le chauffeur, seul autre adulte présent, avait peur de l'eau. Connaissant bien les gorges de l'Ardèche, l'enseignant n'avait pas jugé nécessaire de se faire accompagner par un guide professionnel.

Mardi à l'audience, plusieurs témoins ont décrit le maître de classe comme un très bon enseignant, consciencieux et bénéficiant d'un grand respect de la part de ses élèves. L'un de ses collègues, qui avait déjà participé à un camp scolaire avec lui, a expliqué qu'il l'avait organisé d'une excellente manière.

Mauvaise communication

Le maître de sport de l'école, qui s'est chargé de tester les aptitudes de natation des adolescents avant leur départ en Ardèche, comparaît également devant le tribunal. Il n'a notamment pas signalé au maître de classe que la victime avait échoué au test de natation imposé par les directives scolaires.

Toujours très éprouvée, la famille de la victime attend avant tout de comprendre pourquoi et comment l'adolescent est décédé. L'audience se poursuit mercredi. Le jugement tombera ultérieurement.

(ats)