Saint-Légier (VD)

17 novembre 2017 07:09; Act: 17.11.2017 10:42 Print

Septuagénaire tuée: la fille trahie par son téléphone

par Christian Humbert - Détenue, comme son père, pour assassinat, D. nie. Les relevés de son portable montrent qu'elle était sur les lieux le jour du crime.

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Le portable de D. se trouvait sur les lieux le jour du crime. (Photo: AFP)

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Une semaine après la découverte du corps d’une femme de 70 ans, en avril aux Monts-de-Corsier (VD), son mari avait avoué l’avoir tuée. En juin, la fille du couple était elle aussi incarcérée pour assassinat, or elle a toujours nié. Les avocats des deux prévenus insistent: le drame s’est produit sans la présence de D. «Son père ne l’a jamais mise en cause. C’est un trou noir en ce qui concerne le crime, mais il a averti sa fille après. Elle est venue et les deux ont déplacé le cadavre plusieurs jours plus tard», selon Me Kathleen Hack, avocate du père, âgé de 80 ans.

Elle était là. Mais après ou pendant?

Mais les enquêteurs, qui ont fait parler le téléphone de D., ont une autre version. Ils ont eu de la chance: le crime a été commis en décembre et le corps a été retrouvé en avril. Or les données des portables ne sont accessibles que six mois. A quelques semaines près, la police n’aurait pas obtenu le traçage qui atteste de la présence du téléphone, et donc de sa détentrice, sur les lieux le jour du crime. Après, ou pendant? C’est tout l’enjeu pour D., dont l’avocat a déposé une nouvelle demande de libération conditionnelle.

Mise en scène et mensonges

Ce qui est sûr, c’est que D. a pris part à la mise en scène pour cacher le crime. Le cadavre de la septuagénaire a été placé dans un réservoir à eau sanglé, lequel a été abandonné près du cimetière des Monts-de-Corsier.

Après avoir fait disparaître le corps, c’est le mari qui aurait amené la voiture de la victime près du Rhône, pour faire croire à une tragédie. Il serait rentré en vélo électrique. Mais c’est D. qui a menti avec aplomb en allant annoncer à la police la disparition de sa mère, le lendemain de sa mort.

Couple pas si uni

Vivant avec son chien quasiment sans relation sociale, le couple, marié depuis 40 ans, semblait uni. Une fois loin des regards, les tensions ne cessaient de surgir. L'épouse aurait eu deux visages: avenant avec l’extérieur, terrible avec sa fille et son mari. Mais d'anciens collègues de l'octogénaire le décrivent aussi comme étant difficile à supporter.

L'ambiance était donc explosive. Et c'est au cours d'une violente dispute que les coups ont été portés, principalement à la tête. Combien? Le rapport d'autopsie, attendu depuis des mois, devrait le dire.

Du reste, à la prévention d'assassinat retenue par la procureure, Me Kathleen Hack préfère celle de meurtre, voire de meurtre passionnel.