Lausanne

04 mai 2016 14:20; Act: 05.05.2016 11:59 Print

Son ex lui aurait refilé le VIH en se sachant infecté

Une femme accuse son ex-mari de lui avoir transmis le virus consciemment. Absent lors du procès, il risque au maximum des jours-amende.

Une faute?

C'est l'histoire d'une rencontre sur le web en février 2012, celle entre une Vaudoise et un trentenaire mauricien. Pour abattre les 9000 kilomètres qui les séparaient et vivre leur amour, les deux tourtereaux se sont vite mariés. Mais en septembre 2013, un peu par hasard, la jeune femme apprenait au CHUV que son époux était séropositif. Sa vie s'effondre. Persuadée qu'il était au courant et qu'il le lui a volontairement caché, elle a porté plainte, divorçant dans la foulée.

Le procès s'est tenu mardi, à Lausanne. Appelé à la barre des témoins, un médecin du CHUV, présent lors de la confirmation du diagnostic, a estimé que le Mauricien se savait infecté depuis 2010, révèle «Le Matin». A l'époque, il entretenait des relations homosexuelles dans son pays, explique «24 heures». Mais il avait aussi une carte de donneur de sang à cette époque. Il l'avait d'ailleurs fait voir à sa compagne afin de montrer patte blanche.

L'avocate de la défense a avancé que le couple avait eu un rapport non protégé le soir où ils se sont rencontrés. «Un comportement à risque de deux personnes», a-t-elle souligné. Et de préciser que son client «ne pouvait qu'ignorer qu'il était porteur du VIH et de l'hépatite C. Dès qu'il l'a su, il s'est fait traiter.»

Prévenu de propagation d'une maladie, subsidiairement par négligence, l'accusé ne s'est pas présenté à son procès. Il avait déjà fait faux bond à une précédente convocation au printemps 2015. S'il avait été jugé l'an dernier, les chances de condamnation auraient été très grandes, rapporte «24 heures». Mais les dispositions légales quant à la négligence ont changé. Il faut désormais prouver la bassesse de caractère. Or, devant la Cour, les éléments de preuves avancés par la victime ont semblé trop légers pour convaincre le Ministère public. Le doute que l'accusé ait vraiment été informé de son état plusieurs années auparavant a subsisté.

Le procureur a donc requis 180 jours-amende à 30 francs, dont 90 avec sursis pendant 5 ans pour lésions corporelles simples par négligence, mais pas pour l'infraction de propagation. Ce qui n'a pas satisfait l'avocate de la victime, qui a aussi demandé 80'000 francs pour tort moral. Le verdict tombera prochainement.

(mkm)