Arnaque

06 mars 2011 18:12; Act: 07.03.2011 09:23 Print

Son gagne-pain lui coûte 2000 francs

par Joël Burri - Engagé soi-disant pour tester des agences de transfert de fonds, Albert* ne reverra pas son argent.

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Le guide fourni par l'escroc

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L’été passé Albert* passe une petite annonce: après avoir été au service des quelques grands de ce monde, l’élégant sexagénaire qui habite une partie de l’année dans la banlieue lausannoise espérait trouver un nouvel engagement de major d’homme. Mais au téléphone, un homme qui se fait appeler Tom lui propose de devenir client mystère et de tester des agences de transfert de fonds. «Tom m’a vite cerné. Il a utilisé mon goût pour le service à la clientèle pour me convaincre».

Quelques jours plus tard, Albert reçoit un «traveller check» et une marche à suivre. Le 28 juillet, les 1500 € du chèque (plus de 2000 fr.) lui sont versés sans difficulté. Il se rend donc dans une poste française qui propose le service Western Union et verse 1400 € à un certain David en Angleterre. Il est ensuite censé remplir un questionnaire pour évaluer la qualité du service qui lui a été fourni. Un document qu’il n’a par contre jamais reçu. Selon les instructions reçues, il peut garder les 100 € restants comme salaire.

Après cette première expérience, un nouveau mandat lui est confié par Tom. Il reçoit alors un chèque de 4000 €. Mais là le montant est trop élevé pour que la banque lui remette l’argent. «Tom me harcelait au téléphone et me disait qu’il allait perdre son emploi si je ne procédait pas rapidement au test», explique Albert. Mais ce contretemps a porté chance à Albert. «La banque m’a prévenu que le premier chèque était un faux. L’argent a été retiré de mon compte, ainsi que quelques frais.» Par contre, impossible pour Albert de récupérer le montant utilisé pour le soi-disant test. Quant à Tom, il ne donne plus signe de vie depuis.

Contactée, Western Union a confirmé à Albert n’avoir jamais eu recours à de tels procédés.

La semaine passée, la police vaudoise a prévenu que cette escroquerie avait fait d’autres victimes. Mais contrairement à Albert, ces dernières n’avaient pas passé de petites annonces mais répondu à celle de l’escroc. «C’est pour cela que j’ai voulu raconter mon histoire, explique Albert. Il faut en parler le plus possible afin que cela n’arrive pas à d’autres personnes.»

*prénom fictif