Morges (VD)

03 décembre 2018 06:58; Act: 03.12.2018 06:58 Print

La photo d’une entrée fait grincer des dents au resto

par Frédéric Nejad Toulami - Un serveur n’a pas apprécié qu’une cliente poste sur Facebook l’image d’un plat ne correspondant pas à sa commande.

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Annoncée sans betterave alors qu'elle en contient au final, cette photo a provoqué un clash. (Photo: dr)

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«Avec du recul, je me dis que nous aurions dû nous lever et partir. Mais nous étions tellement médusées que nous n’avons même pas eu ce réflexe.» Emma* n’a toujours pas digéré l’attitude du serveur d’un restaurant de Morges jeudi passé.

Après un spectacle en début de soirée, cette journaliste se rend avec une amie dans un établissement proche où elle commande une salade mêlée en entrée, en demandant s’il n’y a pas de betterave. L'employé la rassure. Mais quand l'assiette arrive, le constat est vite dressé: un cinquième de la salade est constitué de betterave rouge. Emma s'en amuse auprès de son amie, puis décide de prendre le plat en photo. Mal lui en prend.

«Son intimidation exercée sur moi m'a déplu»

A l’affût, le serveur se précipite sur elle et se rend compte qu’elle a son profil Facebook ouvert sur son écran. «Vous faites quoi? demande- t-il sèchement. Si quelque chose ne vous convient pas, vous nous le dites et on peut en discuter.» Il reproche ensuite à la cliente de ne pas lui avoir précisé la couleur de la betterave non désirée, avant d’aller changer la salade de manière satisfaisante. «Sa mauvaise foi et son intimidation m’ont déplu», déplore Emma. Habituée depuis des années à partager sur son profil diverses images de son quotidien, elle ne se souvient pas avoir subi de telles pressions.

Interdiction des photos à clairement indiquer

«Nous avons eu vent il y a deux ou trois ans de restaurateurs vaudois qui s'énervaient contre des clients qui prenaient leurs plats commandés en photos à table pour ensuite les partager sur les réseaux sociaux, mais plus maintenant», constate Gilles Meystre. Président de GastroVaud, il estime que c’est au restaurateur de définir explicitement sa politique au sein de son établissement: «Si le shooting client est proscrit, il faut alors clairement l’indiquer, le plus poliment possible, sur la carte par exemple.» L'association que préside Gilles Meystre recommande de travailler avec les réseaux sociaux plutôt que de s’y opposer: «Nous avons d'ailleurs mis en place un cours de Digital Marketing qui donne des outils, conseils et bonnes pratiques en la matière».

« Les clients ne sont pas des adversaires»

Aux yeux de Gilles Meystre, également membre du Comité de GastroSuisse, les clients ne sont pas des adversaires des restaurateurs: «On est à leur service», déclarait-il à «20 minutes» récemment à propos d'un restaurateur à Lutry (VD) qui avait déposé plainte, en vain, contre un client mécontent qui avait déposé une critique détaillant les divers couacs rencontrés durant le repas en famille sur le site Tripadvisor.

*prénom d'emprunt