Nord vaudois

13 mars 2019 22:31; Act: 13.03.2019 22:31 Print

Trafic familial de dopants planqué dans un fitness

par Christian Humbert - Le père vendait et injectait parfois les produits dans le centre sportif de son fils. Lequel vient d'être condamné..

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Le commerce visait une clientèle adepte de beaux muscles. (Photo: iStock / Image prétexte)

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Ils pensaient avoir trouvé le filon idéal pour leur petit commerce de produits dopants. Les injections se faisaient sur place, dans un local spécialement aménagé. Le père était à la manœuvre, mais son fils, qui travaillait là, n’ignorait rien de ce manège. Il lui arrivait de vendre lui-même les produits, dont il faisait du reste usage lors de compétitions de culturisme.

Ce commerce en famille a duré de 2014 à 2017, selon l’enquête sur l’implication du fils, âgé de 27 ans, accusé d’avoir mis ses infrastructures à disposition. Son père y œuvrait en coulisse matin et soir. Il proposait des produits thérapeutiques dopants aux clients de son fils, dont certains étaient mineurs. Le centre de fitness était un lieu idéal pour approcher une clientèle adepte de beaux muscles. Le père prodiguait ses conseils, vendait les produits et, parfois, pratiquait les injections, quand bien même il n’avait pas de formation spécifique pour le faire.

Selon la liste établie par le procureur, un analgésique assimilé aux opioïdes, tombant sous le coup de la loi sur les stupéfiants, figurait parmi les substances vendues. Si le père est toujours en attente de son jugement, le fils vient d’être condamné pour une série d’infractions et complicité de ce trafic à 180 jours-amende avec sursis et 1500 francs d’amende. Les frais – 15 380 francs à la charge de l’État – auraient été plus élevés si le procureur n’avait notablement réduit la facture de l’avocate du fils, en application de nouvelles directives pour sanctionner des honoraires manifestement abusifs.