Lausanne

14 juin 2011 17:54; Act: 14.06.2011 18:12 Print

Trafiquants de faux tableaux devant la justice

par Renaud Bournoud - Les sept personnes accusées d’avoir volé un Giacometti et falsifié d’autres toiles se sont chipotées lors du procès. Ambiance burlesque.

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Un "faux partiel" réalisé par les trafiquants. La signature du maître Kees Van Dongen a été rajoutée. (Photo: dr. police VD)

Une faute?

C’est une belle brochette de bras cassés qui s’est présentée hier devant le tribunal d’arrondissement de Lausanne. La justice lui reproche le vol d’une peinture du maître tessinois Giovanni Giacometti en 2006, ainsi que la mise sur le marché de près 120 faux tableaux entre 2005 et 2006.

Cacophonie

Sur le banc des accusés: une jolie galerie de personnages. Il y a l’expert en art. Un homme hâbleur aux cheveux longs qui est soupçonné d’être le cerveau du trafic. Le chineur teigneux qui invective ses co-accusés. Un ferrailleur et sa compagne aux explications tarabiscotées. Ou encore le copiste taiseux qui peine à suivre les débats en raison de sa surdité partielle. Si tout ce petit monde admet une grande partie des faits, leurs versions divergent. Devant cette cacophonie, la Cour a parfois pouffé de rire.

Des déclarations changeantes

«Rien n’a été simple dans cette affaire, confirme le spécialiste en œuvre de d’art de la police vaudoise. Toutes les déclarations des protagonistes ont subi des changement au cour de l’enquête.»

«Tu veux niquer tout le monde»

Le premier jour d’audience a été consacré uniquement au vol du Giacometti, chez une Lausannoise âgée. Le ferrailleur est sa compagne se sont introduits chez elle pour substituer l’oeuvre à une «croûte» réalisée par le copiste. Les trois reconnaissent les faits. Mais l’expert nie être l’instigateur de ce délit. «J’avais demandé de faire une copie pour l’utiliser comme argument de vente», explique-t-il. «Tu es un manipulateur qui veux niquer tout le monde!» lui rétorque le chineur. Ce dernier dit avoir été au courant de l’affaire mais ne pas y avoir participé. Le procès doit encore durer quinze jours.